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Algérie-Ouzbékistan : Alger cherche un modèle minier à Tachkent pour sortir des hydrocarbures

Illustration Maglor

Ecrit Par Maglor — Pour sortir de sa dépendance aux hydrocarbures, l'Algérie regarde vers l'Asie centrale. Du 5 au 8 octobre 2026, le ministre des Mines et de l'Industrie minière, Mourad Hanifi, s'est rendu en Ouzbékistan à la tête d'une délégation ministérielle, accompagné de l'ambassadrice d'Algérie à Tachkent, Djamila Achour. Une visite qui vise à s'inspirer du modèle minier ouzbek et à poser les bases d'une coopération bilatérale.

Un secteur minier au cœur de la diversification

Alger a mis en place un nouveau cadre juridique et lancé plusieurs grands projets : l'exploitation du gisement de fer de Gara Djebilet, du zinc d'Amizour, dans la wilaya de Béjaïa, et du phosphate de Bled El Hadba, à Tébessa. Reste à attirer les investisseurs et à acquérir les technologies nécessaires pour transformer les ressources sur place. La visite s'inscrit dans la feuille de route du président Abdelmadjid Tebboune, qui a fait de la création d'un ministère de plein exercice dédié aux mines un choix politique.

Quatre rencontres au sommet à Tachkent

La délégation algérienne a multiplié les entretiens. Avec le ministre ouzbek de l'Industrie minière et de la Géologie, Islamov Bobir Farkhadovich, il a été question de transfert de technologie, de cartographie numérique, de prospection et de valorisation locale des ressources. Avec le vice-Premier ministre Jamshid Khodjayev, les discussions ont porté sur les bases de futurs accords bilatéraux d'investissement. Le ministre des Affaires étrangères, Bakhtiyor Saidov, a apporté le soutien diplomatique au rapprochement, tandis que le ministre de l'Investissement, de l'Industrie et du Commerce, Laziz Kudratov, a encouragé des projets communs, notamment dans le traitement et la transformation des minerais bruts.

Visites de terrain et formation

Les Algériens ont aussi visité des complexes métallurgiques et des infrastructures minières à Tachkent et dans sa périphérie, ainsi que des instituts spécialisés. Des échanges sont envisagés en matière de recherche scientifique, de géologie et de formation de compétences. Mourad Hanifi a évoqué une « transformation structurelle majeure » du secteur minier algérien.

Pourquoi l'Ouzbékistan ?

Le choix n'est pas anodin. L'Ouzbékistan dispose de réserves importantes d'or, de cuivre, d'uranium, d'argent, de tungstène, de molybdène, de lithium et de terres rares. Sa production minière a atteint environ 17,6 milliards de dollars en 2025, et ses exportations de ressources naturelles 33,8 milliards de dollars, en hausse de 24 % sur un an selon Invest Uzbekistan. L'or et les métaux précieux pèsent à eux seuls 44 % de ces exportations, pour une production d'environ 130 tonnes d'or.

Une coopération Sud-Sud à concrétiser

Pour l'Algérie, l'enjeu dépasse la simple extraction : il s'agit de monter dans la chaîne de valeur, de transformer localement le fer, le zinc et le phosphate et de créer des emplois industriels. À ce stade, les échanges restent au stade des intentions et des bases d'accords futurs ; aucun contrat chiffré n'a été annoncé. Les prochains mois diront si ce rapprochement se traduit par des investissements, des transferts de technologie et des partenariats concrets, dans un contexte où l'Algérie cherche à élargir ses partenaires économiques bien au-delà de l'Europe.

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