Ecrit Par Maglor — Le ministre tunisien des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l'étranger, Mohamed Ali Nafti, a appelé mercredi 7 octobre à « donner un nouvel élan aux échanges de visites de haut niveau » entre la Tunisie et la Grèce. Il s'exprimait à Tunis lors de la visite d'adieu de l'ambassadrice de Grèce, Olga Anagnostopoulou, qui achève sa mission.
Soixante-sept ans de relations diplomatiques
Les relations diplomatiques entre les deux pays ont été établies en 1959. Deux rives de la Méditerranée, deux économies aux profils complémentaires : la Tunisie cherche à diversifier ses partenaires européens, tandis qu'Athènes renforce sa présence en Méditerranée orientale et en Afrique du Nord.
Les secteurs ciblés
M. Nafti a souhaité renforcer la coopération économique dans plusieurs domaines : énergies renouvelables, technologies de l'information et de la communication, agriculture, transport et tourisme. Selon lui, ces efforts favoriseraient l'investissement, les échanges commerciaux et les partenariats entre opérateurs économiques tunisiens et grecs.
Le choix de ces secteurs n'est pas anodin. La Tunisie fait face à une facture énergétique en hausse et cherche à accélérer sa transition, tandis que l'agriculture et le tourisme sont des piliers communs aux deux économies, avec des savoir-faire en matière d'huile d'olive, de transport maritime et d'accueil touristique.
Concertation au sein de l'ONU et de l'UE
Le ministre a demandé une meilleure concertation multilatérale, notamment au sein de l'Union européenne et des Nations unies, en tirant parti du statut de la Grèce comme membre non permanent du Conseil de sécurité. Un levier diplomatique que Tunis souhaite mobiliser sur les dossiers régionaux.
La communauté tunisienne en Grèce
M. Nafti a également demandé d'accélérer la reconnaissance mutuelle des permis de conduire et de faciliter les déplacements entre les deux pays, un sujet concret pour les Tunisiens installés en Grèce et pour les voyageurs entre les deux rives.
L'ambassadrice grecque a remercié les autorités tunisiennes pour leur coopération pendant son mandat et réaffirmé la volonté d'Athènes de poursuivre et de développer les relations bilatérales dans les domaines à fort potentiel.
Une coopération à traduire en projets
Cette rencontre relève avant tout de la diplomatie de courtoisie : aucun chiffre sur le volume des échanges, aucun montant d'investissement ni accord daté n'ont été annoncés. L'enjeu sera de transformer ces priorités en projets concrets, par des visites ministérielles, des forums d'affaires et des accords sectoriels. La nomination du prochain ambassadeur de Grèce à Tunis sera, à ce titre, un signal à suivre.