Ecrit Par Maglor — Le 20 octobre, dans une analyse publiée par TSA, Amar Belani prolonge une réflexion entamée le 11 octobre : la Mauritanie aurait-elle engagé un marchandage autour de Lagouira, pointe méridionale du Sahara occidental, face à Nouadhibou ? L'auteur le dit lui-même : ces informations circulent dans certains cercles diplomatiques étrangers et restent à confirmer. Aucune déclaration officielle de Nouakchott, de Rabat ou du Front Polisario ne les étaye.
Ce que l'on prétend, sans preuve
Selon ces bruits, Nouakchott chercherait une concession de long terme, et non la souveraineté, sur le site de Lagouira afin d'étendre le port de Nouadhibou. En contrepartie, la Mauritanie reconnaîtrait un jour la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental et suspendrait sa reconnaissance de la République arabe sahraouie démocratique. Nouakchott disposerait d'un levier : le corridor routier de Guerguerat vers les marchés d'Afrique de l'Ouest, et sa place sur le tracé du gazoduc atlantique Nigeria-Maroc.
Le poids de l'histoire
Le 10 août 1979, la Mauritanie signait à Alger un accord de paix avec le Front Polisario, renonçant à toute revendication territoriale sur le Sahara occidental. Cet engagement complique toute hypothèse de souveraineté sur Lagouira : un arrangement bilatéral ne pourrait être qu'un accord distinct, aux contours flous.
Le vrai problème : le consentement
Au-delà de la géopolitique, la question de fond est juridique et morale. Le Sahara occidental reste inscrit dans le cadre onusien de l'autodétermination. Un arrangement entre États qui redéfinirait des intérêts territoriaux sans associer les Sahraouis poserait, selon l'auteur, un grave problème politique. Cette position n'est pas partagée par tous : Rabat défend une lecture différente, fondée sur son plan d'autonomie. Le débat mérite d'être mené à visage découvert.
Pour les Maghrébins de France
Ce dossier peut sembler lointain. Il l'est moins qu'on ne le croit : la stabilité du Maghreb, ses échanges et la possibilité d'un rapprochement régional touchent des millions de familles franco-maghrébines. Plus que des marchandages dans l'ombre, c'est de transparence, de droit international et de dialogue que la région a besoin. Tant que rien n'est confirmé, la prudence s'impose, et c'est aux États concernés de clarifier leur position.