Ecrit Par Maglor — Une étude publiée en octobre 2026 par la Fondapol et l'Observatoire de l'immigration et de la démographie (OID), relayée notamment par Observalgérie, dresse un tableau chiffré de vingt ans d'acquisitions de la nationalité française. Les ressortissants du Maghreb y occupent une place centrale.
Les chiffres de la période 2004-2023
Selon cette étude, qui s'appuie sur les données d'Eurostat, 323 000 personnes de nationalité algérienne ont acquis la nationalité française entre 2004 et 2023. L'Algérie arrive en deuxième position parmi les pays d'origine, derrière le Maroc (environ 404 000). La Tunisie est troisième avec 146 000. À eux trois, l'Algérie, le Maroc et la Tunisie représentent 36 % de l'ensemble des acquisitions de nationalité française sur cette période.
Des trajectoires différentes selon les pays
Parmi les personnes qui ont acquis la nationalité d'un pays de l'Union européenne, 83 % des Algériens sont devenus français, contre 61 % des Tunisiens et 28 % des Marocains. Ce chiffre ne signifie pas que 83 % des Algériens vivant en France sont français : il ne porte que sur les acquisitions enregistrées dans l'UE. Il illustre néanmoins la concentration des Algériens sur la France, alors que les Marocains se répartissent davantage entre plusieurs pays européens.
Une tendance de long terme
Sur la période 2000-2024, environ 3 millions de personnes nées à l'étranger ont acquis la nationalité française : 1,6 million par décret, environ 770 000 par le jeu différé du droit du sol et environ 560 000 par mariage avec un conjoint français. Les personnes d'origine africaine représentent 61,5 % des acquisitions, contre 20 % pour les personnes d'origine européenne.
Lecture prudente
Ces données décrivent le passé et ne disent rien, à elles seules, des causes de ces évolutions, que l'article source n'analyse pas. Elles interviennent dans un contexte où les conditions d'accès à la nationalité et au séjour font l'objet de débats politiques soutenus. Pour les candidats à la naturalisation, l'essentiel reste de vérifier les critères en vigueur auprès de leur préfecture avant de déposer un dossier.
Ces chiffres rappellent en tout cas un fait simple : l'histoire de la nationalité française contemporaine s'écrit en grande partie avec le Maghreb.