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Tunisie : 3,1 millions de tonnes de déchets par an, un potentiel de valorisation de 70 %

Illustration Maglor

Ecrit Par Maglor — La Tunisie produit chaque année environ 3,1 millions de tonnes de déchets, selon les chiffres rappelés le 21 octobre par une responsable du ministère de l'Environnement. Derrière ce volume, un constat encourageant : près de 70 % de ces déchets pourraient être valorisés.

Une matière majoritairement organique

Intervenue à la radio, Awatef Larbi, de la Direction générale de l'environnement et de la qualité de vie, a souligné que les matières organiques compostables et valorisables représentent environ 70 % des déchets du pays. Le plastique en constitue près de 12 %. Cette composition ouvre de réelles perspectives de compostage, de production de biogaz ou de recyclage, à condition que les flux soient correctement séparés.

Le tri à la source, priorité affichée

Les autorités misent sur le tri sélectif dès la source pour mieux valoriser les matières, réduire la pollution et accélérer la transition vers un modèle économique plus durable. La stratégie nationale de transition écologique recommande par ailleurs d'intensifier la réduction des déchets à la source. Elle s'articule autour de plusieurs axes : gouvernance et financement, lutte contre le changement climatique, préservation des ressources naturelles, de la biodiversité et des forêts, consommation et production durables, lutte contre les pollutions et promotion de la culture environnementale.

Un financement pour l'économie circulaire

Parmi les mesures annoncées figure une ligne de financement, lancée en partenariat avec le secteur bancaire, destinée à soutenir les investissements dans l'économie circulaire. Pour les jeunes entrepreneurs, les collectivités et les petites entreprises du recyclage, cet outil pourrait faciliter la création de filières encore balbutiantes.

Un enjeu de santé publique et d'image

La gestion des déchets reste un sujet sensible en Tunisie, où décharges saturées et pollutions locales alimentent régulièrement la contestation dans plusieurs régions. Réussir la valorisation de ces 3,1 millions de tonnes serait donc un double succès : environnemental, en réduisant la pression sur les sites d'enfouissement, et social, en créant des emplois locaux.

Reste à transformer les orientations en résultats mesurables. Les annonces actuelles fixent un cap et un outil de financement ; leur efficacité dépendra de l'équipement des communes en infrastructures de tri et de l'adhésion des citoyens au geste quotidien.

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