Ecrit Par Maglor — Au cœur du Sahara algérien, l'un des plus vastes chantiers agricoles du continent avance à grands pas. Le 19 octobre, le ministre de l'Agriculture, Sid Ali Khaldi, a constaté un taux d'avancement des travaux de 80 % sur le projet Baladna d'Adrar, une ferme laitière géante conduite avec le Qatar.
Des chiffres hors norme
Le projet représente un investissement de 3,5 milliards de dollars, financé par l'Algérie et le Qatar, sur 219 000 hectares. Il prévoit l'élevage de 240 000 vaches, adossé à une culture fourragère à grande échelle. La capacité visée est de 1,7 milliard de litres de lait cru par an, destinés à produire 193 000 tonnes de poudre de lait. À terme, cette production doit couvrir 50 % des besoins nationaux en poudre de lait.
Un calendrier désormais précis
Les 35 000 premières génisses, importées des États-Unis, sont attendues à la fin du mois de novembre. La production de lait cru est annoncée pour fin 2027, celle de poudre de lait pour début 2028. Sur le chantier, 1 360 travailleurs sont mobilisés, et 102 lots de marchés ont été attribués, dont 69 % à des entreprises algériennes. Le projet promet au total 20 000 emplois.
Souveraineté alimentaire et facture d'importations
L'enjeu économique est considérable : selon TSA, ce seul projet permettrait de réduire de 1,5 milliard de dollars la facture d'importations du pays. La poudre de lait figure en effet parmi les produits alimentaires les plus lourds dans la balance commerciale algérienne. Les autorités présentent aussi le projet comme un moyen de renforcer la souveraineté alimentaire, de produire localement de la viande rouge et d'organiser un transfert de technologie vers l'agriculture nationale. Le Sud du pays est présenté comme un futur pôle d'excellence de l'investissement agricole.
Les points de vigilance
Un chantier de cette ampleur soulève des questions que les observateurs ne manqueront pas de poser : gestion de la ressource en eau dans une zone aride, coûts énergétiques de l'élevage intensif, et capacité à atteindre les volumes annoncés dans les délais. Les autorités n'ont pour l'instant communiqué que sur les objectifs et l'avancement physique des travaux.
Si le calendrier est tenu, Adrar pourrait devenir en 2028 l'un des symboles de la stratégie algérienne de réduction de la dépendance aux importations alimentaires.