FR AR
Partager sur :

Hydrogène vert : la Tunisie signe la Déclaration d'Alger sur le corridor SouthH2

Illustration Maglor

Ecrit Par Maglor — Le 1er octobre 2026, à Alger, la Tunisie, l'Algérie, l'Italie, l'Autriche et l'Allemagne ont signé la Déclaration ministérielle d'Alger sur le projet de corridor d'hydrogène du sud, connu sous le nom de SouthH2. Ce texte, qui structure pour la première fois la coopération des cinq pays autour de l'hydrogène vert, place la Tunisie au centre d'une future chaîne énergétique entre l'Afrique du Nord et l'Europe.

Ce que prévoit la déclaration

Le document crée un secrétariat dédié au projet, appuyé sur le plan technique par l'Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI). Il vise à organiser la coopération entre les pays d'Afrique du Nord et leurs partenaires européens autour de l'hydrogène vert et de la sécurité énergétique. Le corridor SouthH2 doit relier l'Algérie à l'Allemagne en passant par la Tunisie, l'Italie et l'Autriche, en s'appuyant autant que possible sur des infrastructures gazières existantes.

Aucun chiffre de production, de capacité ou d'investissement n'a été publié à ce stade. La déclaration relève donc davantage d'un cadre politique que d'un plan industriel détaillé, ce que reconnaît d'ailleurs la partie tunisienne.

La position de Tunis : des projets concrets et finançables

Le ministre tunisien Salah Zouari a plaidé pour passer de l'échange de visions à l'identification de projets économiques « concrets, évaluables et susceptibles d'être financés ». Pour la Tunisie, les prochaines étapes passent par l'évaluation de la faisabilité et de l'impact environnemental des projets, ainsi que par la coopération en matière de recherche, d'innovation et de transfert de technologies.

La Tunisie met en avant sa position géographique et ses infrastructures énergétiques, notamment le gazoduc TransMed qui traverse son territoire, pour devenir un maillon d'une chaîne de transport d'énergie propre vers l'Europe. Cette ambition reste toutefois soumise, précise la position tunisienne, aux besoins énergétiques nationaux et aux contraintes environnementales.

Un potentiel renouvelable mis en avant par les experts

Dans une tribune parue en juillet, l'expert en énergie Imed Derouiche rappelait qu'une étude publiée dans la revue Hydrogen estime que le nord de la Tunisie pourrait produire près de 3 gigawatts d'électricité renouvelable pour alimenter une production d'hydrogène compétitive. Ce chiffre provient des travaux de l'auteur lui-même et doit être lu comme une estimation. Il illustre néanmoins l'atout que représentent l'ensoleillement et le vent tunisiens.

Des défis à ne pas sous-estimer

Plusieurs questions restent ouvertes : le financement des projets, la disponibilité en eau nécessaire à l'électrolyse dans un pays déjà exposé au stress hydrique, la compatibilité technique des gazoducs existants avec l'hydrogène, et le partage de la valeur entre pays producteurs et pays consommateurs. Les débats récents en Tunisie sur les projets du Sud montrent aussi que l'acceptabilité sociale sera un facteur décisif.

Pour la diaspora tunisienne et les entrepreneurs franco-tunisiens du secteur de l'énergie et de l'ingénierie, la déclaration d'Alger ouvre un horizon d'opportunités professionnelles et d'investissement. Elle rappelle surtout que l'intégration énergétique du Maghreb avec l'Europe passe désormais par la coopération entre Tunis et Alger, deux capitales qui ont multiplié ces derniers mois les signes de rapprochement.

Partager sur :