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Coface : le Maroc garde la tête du classement du risque pays en Afrique du Nord malgré un contexte mondial tendu

Ecrit Par Maglor — Dans sa dernière revue trimestrielle, l'assureur-crédit Coface place le Maroc en première position du risque pays en Afrique du Nord. Le Royaume reste classé en catégorie « B » pour le risque pays et « A4 » pour le climat des affaires, un niveau supérieur à celui de ses voisins, alors que l'économie mondiale encaisse la reprise du conflit au Moyen-Orient et la flambée des matières premières.

Une résilience soutenue par la demande intérieure et le tourisme

Selon l'analyse relayée par Hespress, l'attractivité touristique et financière du pays ainsi que la solidité de la demande intérieure expliquent cette position. Le Maroc devance l'Algérie, la Tunisie, l'Égypte et la Mauritanie, toutes jugées à risque élevé, tandis que la Libye demeure dans la catégorie du risque extrême.

Coface souligne que l'Égypte et la Tunisie subissent davantage les effets de la reprise des hostilités : renchérissement de l'énergie et des céréales, importations plus coûteuses et prudence des visiteurs étrangers. L'Égypte, la Tunisie et l'Algérie recourent par ailleurs au contrôle des importations pour soutenir la production locale et préserver leurs réserves de change.

Des fragilités industrielles qui demeurent

Cette position favorable ne met pas pour autant les entreprises marocaines à l'abri. Dans l'industrie, la chimie, l'électronique et l'habillement restent exposés à la hausse du coût des intrants et à la faiblesse de la demande européenne. Les coûts de production peuvent comprimer les marges, et certaines entreprises peinent à répercuter ces surcoûts sur leurs prix de vente.

Pour un pays dont une grande partie des exportations industrielles est tournée vers l'Europe, la conjoncture du principal client reste un facteur déterminant. Le ralentissement attendu en zone euro pèse donc sur les carnets de commandes, même si le tissu économique marocain, plus diversifié qu'il y a dix ans, amortit mieux les chocs.

Un environnement mondial sous tension

Le tableau macroéconomique brossé par Coface est sombre. La croissance mondiale est attendue à 2,8 % en 2025, 2,5 % en 2026 et 2,6 % en 2027. L'investissement dans l'intelligence artificielle soutient l'activité, mais ne compense pas les effets des conflits et du durcissement financier. Un protocole d'accord entre les États-Unis et l'Iran avait apporté un répit au début de l'été, avant la reprise des hostilités à la mi-juillet.

Les conséquences sont visibles sur les marchés : le pétrole a progressé de plus de 50 %, le gaz naturel de près de 100 %, et le baril a franchi les 100 dollars en septembre. Le blé a gagné 40 % sur un an, sous l'effet des frappes sur des terminaux céréaliers de la mer Noire et des canicules européennes. La Fed a relevé ses taux de 25 points de base, après la BCE, et le dollar a pris plus de 6 % en termes effectifs depuis son point bas de mi-janvier.

Jean-Christophe Caffet, économiste en chef de Coface, avertit que la prolongation du conflit ravive le risque d'un nouveau choc inflationniste mondial, qui fragiliserait les États et les entreprises disposant de peu de marges de manœuvre. Une prolongation durable du conflit retrancherait environ un demi-point de croissance mondiale cumulée sur 2026 et 2027.

Ce que cela change pour les Marocains de France

Pour la diaspora, ce classement est un signal de confiance pour ceux qui investissent ou envisagent de le faire au Maroc, qu'il s'agisse d'immobilier ou de création d'entreprise. Mais il rappelle aussi que la stabilité relative du pays dépend d'un environnement extérieur que Rabat ne maîtrise pas : prix de l'énergie, des céréales et conjoncture européenne.

Coface a par ailleurs procédé à plusieurs révisions de notation ce trimestre, notamment pour l'Arabie saoudite et le Qatar, dégradés de « A3 » à « A4 », et pour les Émirats arabes unis, de « A2 » à « A3 », en raison de leur exposition aux perturbations possibles du détroit d'Ormuz. Dans les secteurs, douze déclassements et huit reclassements ont été enregistrés, l'agroalimentaire étant le plus touché à cause des conditions climatiques extrêmes de l'été.

Dans ce contexte, le maintien du Maroc en tête régionale est une bonne nouvelle, mais pas un blanc-seing : le budget 2027 et la capacité du gouvernement à contenir les prix seront les prochains tests de cette résilience.

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