Ecrit Par Maglor — Le bilan annuel du ministère de l'Intérieur sur l'immigration en 2025, publié fin janvier 2026 et relayé par la presse marocaine, dessine une politique migratoire plus ferme : près de 25 000 éloignements ont été exécutés, un niveau inédit depuis 2014, et plus de 190 000 étrangers en situation irrégulière ont été interpellés, soit 30 % de plus qu'en 2024.
Un durcissement chiffré
Les régularisations reculent de 10 %, une baisse attribuée à la circulaire dite « Retailleau » qui a durci les critères d'admission exceptionnelle au séjour. L'immigration économique diminue de 13 %. Dans le même temps, le nombre total de titres de séjour délivrés progresse de 11,5 %, une hausse tirée par les motifs humanitaires, les ressortissants afghans et ukrainiens ayant été particulièrement concernés.
Ce que montrent les chiffres pour le Maghreb
Les ressortissants du Maghreb apparaissent à contre-courant de cette hausse globale. Les Marocains ont obtenu 36 100 nouveaux titres, soit 2,3 % de moins. Les délivrances aux Algériens baissent de 4,6 % et celles destinées aux Tunisiens de 6,2 %. La presse marocaine y voit un « tour de vis » à l'égard des Maghrébins, alors même qu'ils constituent l'une des principales communautés étrangères en France.
Il convient toutefois de distinguer les titres de première délivrance, concernés par ces chiffres, de l'ensemble des titres valides, qui restent nombreux : à la fin de 2025, près de 1,6 million de ressortissants maghrébins détenaient un titre de séjour valide, selon les données déjà publiées par les autorités.
Une politique qui se heurte à la réalité des laissez-passer
Le nombre d'éloignements dépend de la coopération des pays d'origine, qui doivent délivrer les laissez-passer consulaires nécessaires. Les relations diplomatiques entre Paris et plusieurs capitales du Maghreb, en particulier Alger, ont fait de ce sujet un point de friction récurrent. Récemment, des informations ont fait état d'une reprise de la délivrance de laissez-passer consulaires par l'Algérie, un élément qui pourrait modifier les statistiques à venir.
Quelles conséquences pour les familles ?
Pour les personnes concernées, la baisse des régularisations et la sévérité accrue des contrôles se traduisent par une incertitude prolongée : délais d'instruction, difficultés d'accès aux rendez-vous en préfecture, risque de rupture de droits. Les associations soulignent que ces situations touchent aussi des personnes durablement installées, parfois avec des enfants scolarisés en France.
Le gouvernement a annoncé en parallèle des mesures d'allègement pour les titres de séjour des étrangers en situation régulière, avec des renouvellements facilités et des moyens supplémentaires en préfecture, afin d'éviter les ruptures d'emploi. Cette double orientation, fermeté sur l'irrégularité et simplification pour le séjour régulier, structure la politique migratoire actuelle.
À surveiller
Les statistiques de 2026 diront si la tendance se poursuit et si la reprise des laissez-passer modifie le volume des éloignements vers le Maghreb. Pour les familles franco-maghrébines, la clarté des critères et la rapidité du traitement des dossiers resteront l'enjeu central.