
Les professionnels et commerçants de la place Jemaâ El-Fna s’apprêtent à recevoir les touristes qui vont affluer vers le Maroc après la réouverture des frontières le 7 février prochain.
Le président de l’association des Commerçants et Artisans du Souk Jdid à la Place Jamaâ El-Fna, Abdelhak Belkhadir, a déclaré que les professionnels ont accueilli avec enthousiasme la décision du gouvernement, qui leur permettra de rattraper les pertes occasionnées par la crise.
« De nombreux professionnels ont pris l’initiative d’ouvrir, d’équiper et de stériliser leurs commerces, espérant recevoir visiteurs et touristes, dès le 7 février », a-t-il déclaré.
Et de souligner que les professionnels placent leurs espoirs dans le gouvernement, pour rattraper les pertes subies lors des deux dernières années, qui ont causé la faillite de plusieurs d’entre eux.
Un plan de soutien et de relance
Les opérateurs ont obtenu gain de cause, à la mi-janvier, en décrochant cinq mesures phares, adoptées dans le cadre d’un plan à 2 milliards de dirhams. Le programme comprend entre autres, le prolongement du versement d’une indemnité forfaitaire de 2000 dirhams durant le premier trimestre 2022 en faveur des employés du secteur, l’allègement des charges sociales sur une durée de six mois, et la prise en charge des intérêts adossée à un moratoire relatif aux échéances bancaires sur une durée pouvant aller jusqu’à un an
L’objectif du dispositif est de venir en appui à un secteur à l’arrêt, en attendant la reprise. Seulement voilà, si l’Etat est en mesure de maintenir encore sous perfusion ces entreprises du secteur avec ces aides, ce n’est pas pour autant synonyme de relance. En attestent les derniers chiffres diffusés par le CRT de Marrakech datant du 10 janvier dernier et qui montrent que les opérateurs, sont, déjà, en état de faillite programmée.
Le bilan dressé par le CRT donne une idée sur l’ampleur de la crise. En effet, sur les 240 établissements hôteliers classés de la ville Ocre, seuls 90 reçoivent des clients, et ce, uniquement durant le week-end. Même tendance observée auprès des restaurateurs où, sur les 335 établissements classés, seule une centaine est aujourd’hui opérationnelle. Pour leur part, les 40 établissements d’animation et boîtes de nuit demeurent fermés depuis 2 ans.
La non-ouverture des frontières porte également préjudice à l’écosystème dans son ensemble: près de 250 agences de voyages ont baissé le rideau, tandis que 1.200 maisons d’hôtes ont dû fermer, faute de clients. Le transport touristique, une autre sous-branche sinistrée par la pandémie, compte pas moins de 200 sociétés à l’arrêt. Selon eux, 30% des professionnels ont déclaré faillite et près de 600 entreprises sont, à l’heure où nous mettions en ligne, en situation de redressement judiciaire pour défaut de paiement.