Hicham TOUATI
La signature d’une convention entre l’USMBA et l’Institut Cervantès marque une nouvelle étape dans le rapprochement académique maroco-espagnol et confirme le rôle de Fès comme espace de rencontre entre savoirs et cultures.
Fès, ville de mémoire et de transmission, a offert vendredi 13 février un décor à la hauteur de l’événement. Dans un amphithéâtre comble de la Faculté des Lettres et des Sciences humaines Dhar ElMehraz, enseignants, chercheurs, étudiants et partenaires institutionnels ont assisté à la signature d’une convention de coopération entre l’Université Sidi Mohamed Ben Abdellah et l’Institut Cervantès de Fès. L’atmosphère, à la fois solennelle et attentive, traduisait la conscience partagée d’un moment appelé à s’inscrire dans la durée.
La présence remarquée des membres du laboratoire CREDIF, impliqués dans la préparation scientifique de cette initiative, ainsi que celle du média universitaire Universitatv, venu capter les séquences marquantes de la cérémonie, témoignait de l’intérêt académique et institutionnel suscité par ce rapprochement.
Prenant la parole, le président de l’USMBA a inscrit l’accord dans une vision stratégique d’ouverture internationale. Il a souligné que ce partenariat devait permettre de mutualiser les compétences, de développer des projets conjoints et d’élargir les perspectives offertes aux étudiants comme aux enseignants-chercheurs. Loin d’un geste symbolique, la convention a été présentée comme le point de départ d’un plan d’action structuré, appelé à renforcer la qualité de la formation, à dynamiser la recherche et à consolider l’internationalisation de l’université. Forte d’une communauté de plus de cent mille étudiants, l’institution entend ainsi affirmer sa place dans les réseaux académiques euro-méditerranéens.
Le directeur de l’Institut Cervantès de Fès a, pour sa part, évoqué la maturation progressive de cette coopération, préparée durant plusieurs mois et nourrie par des collaborations déjà existantes. L’officialisation du partenariat vise désormais à lui donner une stabilité et une continïté accrues. Trois axes guideront les actions communes : la formation linguistique, la recherche académique et la coopération culturelle. L’objectif est d’inscrire cette relation dans le temps long et de lui donner une visibilité concrète à travers des initiatives partagées.
Le doyen de la Faculté Dhar ElMehraz a choisi d’élargir la perspective en rappelant la profondeur historique des échanges entre le Maroc et l’Espagne. Il a salué l’engagement des équipes pédagogiques et scientifiques, ainsi que le rôle du laboratoire CREDIF dans l’élaboration du projet. L’évocation de l’aljamía, cette écriture qui transcrivait des langues romanes en caractères arabes, a offert une image éloquente des circulations culturelles anciennes entre les deux rives. Elle a rappelé que la coopération universitaire contemporaine prolonge une histoire d’influences croisées et de fertilisations réciproques.
Au-delà des interventions, la cérémonie a révélé une convergence de priorités. L’université affirme sa vocation de lieu de dialogue et de circulation des savoirs. L’Institut Cervantès renforce sa mission de diffusion de la langue et de la culture espagnoles dans une région où l’intérêt pour l’hispanophonie ne cesse de croître. Pour les étudiants, les retombées attendues sont concrètes : accès facilité à la certification linguistique, développement de programmes conjoints, organisation d’événements culturels et ouverture vers de nouvelles formes de mobilité académique.
Dans une phase où les relations entre le Maroc et l’Espagne connaissent un climat de confiance renouvelée, cette initiative universitaire en constitue une expression tangible. Elle rappelle que les partenariats les plus durables se construisent dans la patience des projets communs, au croisement de l’enseignement, de la recherche et de la culture.
Lorsque les signatures ont été apposées, l’impression dominante n’était pas celle d’un aboutissement, mais d’un commencement. Le véritable enjeu réside désormais dans la capacité des deux institutions à transformer l’engagement en réalisations visibles et durables. À Fès, où le savoir a toujours circulé entre les mondes, une nouvelle passerelle vient d’être posée entre les deux rives de la Méditerranée. Son avenir dépendra de l’énergie de celles et ceux qui, dans les salles de cours et les laboratoires, feront vivre chaque jour cette promesse de dialogue.