Hicham TOUATI
Depuis l’ouverture officielle du marché de Bensouda, appelé à accueillir les moutons, veaux et génisses destinés à l’Aïd Al-Adha, les autorités sécuritaires et territoriales ont déployé un dispositif de vigilance visible et continu. Dans un contexte où l’affluence s’intensifie progressivement, l’objectif affiché est clair : garantir aux vendeurs, aux acheteurs et aux familles des conditions normales d’accès, de circulation, d’achat et de vente, loin de toute forme de désordre ou d’inquiétude artificiellement entretenue.
Sur le terrain, la présence des éléments de la sûreté nationale, en tenue officielle comme en civil, relevant notamment de la zone de sécurité de Bensouda et de la préfecture de police, s’ajoute à celle des autorités territoriales, du pacha de la zone urbaine, du caïd, des agents d’autorité et des Forces auxiliaires. Cette mobilisation, saluée par plusieurs citoyens et acteurs associatifs, vise à encadrer l’activité commerciale, prévenir les débordements éventuels et intervenir avec célérité en cas de besoin.
Contrairement à certaines publications alarmistes relayées sur les réseaux sociaux, l’ambiance au marché demeure globalement ordinaire. L’activité d’achat et de vente se déroule dans de bonnes conditions, sans incident majeur signalé. Le seul fait relevé concerne un différend isolé entre deux mineurs, marqué par des insultes et un jet de pierres, rapidement maîtrisé grâce à l’intervention immédiate des services de sécurité. Les deux concernés ont été interpellés avant d’être relâchés par la suite.
Ce contraste entre la réalité observée sur place et certaines images diffusées en ligne a suscité l’indignation de nombreux habitués du marché. Plusieurs témoins affirment que la vidéo qui circule actuellement est ancienne et remonte à plus de trois ans. Selon eux, sa remise en circulation ne peut que nourrir la confusion, semer la peur parmi les citoyens et porter atteinte à la quiétude d’un espace commercial très fréquenté à l’approche de la fête.
« Je ne comprends pas pourquoi certaines personnes cherchent à effrayer les citoyens et à répandre la panique. Nous sommes entrés au marché, l’ambiance était normale, les forces de l’ordre étaient présentes et nous n’avons rien vu de ce qui a été montré dans cette vidéo », témoigne Y. M., conducteur d’un camion de transport de moutons.
Même constat chez S. B., éleveur, qui insiste sur le calme régnant sur les lieux : « Dieu merci, la sécurité est présente. Il n’y a ni désordre ni jets de pierres. Ceux qui propagent les rumeurs doivent craindre Dieu pour leur pays et cesser d’installer la peur et la discorde entre les gens. »
Pour sa part, N. Y., venue au marché, distingue clairement entre la question des prix et celle de la sécurité : « Oui, mon frère, le prix du mouton est élevé, mais la sécurité et la tranquillité sont bien là. La police et les Forces auxiliaires sont présentes. Je les remercie pour leurs efforts. »
Ces témoignages traduisent un sentiment largement partagé par les usagers du marché : si la cherté du bétail demeure au cœur des préoccupations sociales à l’approche de l’Aïd, la situation sécuritaire, elle, apparaît maîtrisée. La présence coordonnée des différents intervenants publics contribue à rassurer les citoyens et à préserver la fluidité des opérations commerciales dans un marché appelé à connaître une fréquentation croissante dans les prochains jours.
À Bensouda, l’enjeu dépasse donc la simple organisation d’un espace de vente saisonnier. Il s’agit aussi de protéger la confiance des citoyens contre les effets délétères de la rumeur numérique. Car, dans ces moments de forte sensibilité sociale, la sécurité ne se mesure pas seulement à la présence des forces de l’ordre sur le terrain ; elle se construit aussi par la responsabilité collective, la vérification de l’information et le refus de transformer un incident isolé ou une ancienne vidéo en motif d’inquiétude générale.