Ecrit Par Maglor — Le 30 octobre 2026, la Russie a opposé son veto à un projet de résolution américain sur le Sahara au Conseil de sécurité des Nations unies. Selon Le360, c'est le premier veto d'un membre permanent sur ce dossier depuis 1975. Au-delà de la procédure, l'épisode éclaire les rapports de force entre Moscou, Alger, Rabat et Washington.
Ce que contenait le texte américain
Le projet, porté par les États-Unis, faisait de l'autonomie sous souveraineté marocaine la seule base des négociations. D'après Le360, il a recueilli 11 voix sur 15 et prévoyait de renommer la mission onusienne en retirant toute référence au référendum, avec un mandat prolongé jusqu'au 31 octobre 2027. Le mandat actuel de la Minurso expirait le 31 octobre, ce qui explique l'urgence autour du vote. Selon TelQuel, le mandat n'a finalement pas été renouvelé à l'issue de ce double échec.
Le contre-projet russe aussi rejeté
La Russie avait fait circuler un texte alternatif prolongeant la mission d'un an sans modification. D'après Le360, ce projet n'a pas obtenu les voix nécessaires et les États-Unis ont voté contre. Le Conseil a donc écarté à la fois le texte américain, par le veto, et le retour au statu quo que souhaitait Alger. Les sources divergent sur le détail exact des votes et des abstentions, ce qui invite à la prudence dans l'attente du compte rendu officiel du Conseil.
Le jeu russe
En octobre 2025, la Russie s'était abstenue sur la résolution 2797, jugeant le texte « déséquilibré » tout en ne le bloquant pas, pour « donner une chance de plus » au processus de paix. Un an plus tard, son attitude change. Le ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, avait rencontré Sergueï Lavrov à New York le 24 septembre, puis à Moscou le 27 octobre, trois jours avant le vote. Le360 y voit une manœuvre de Moscou pour peser face à Washington et ménager un partenaire important, notamment en matière d'armement. Cette lecture, publiée par un média marocain, reste une interprétation.
Quels scénarios ?
Quatre pistes sont évoquées : une prolongation technique de courte durée, un texte américain remanié pour obtenir une abstention russe, l'expiration du mandat sans texte, ou un débat à l'Assemblée générale, convoquée dans les dix jours ouvrables après tout veto. Ses débats ne sont toutefois pas contraignants. En parallèle, les discussions entre le Maroc, le Polisario, l'Algérie et la Mauritanie se poursuivent, avec trois cycles tenus à Washington et à Madrid.
Pour les Maghrébins d'Europe
Ce dossier touche directement les Marocains et les Algériens établis en France et en Europe, où il nourrit souvent des débats passionnés. Il rappelle surtout que la voie du compromis passe par la négociation plutôt que par l'affrontement diplomatique, et que l'absence de cadre onusien renouvelé rend les prochaines semaines décisives.
Sources : Le360, TelQuel, TSA, Hespress.