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Réforme des retraites au Maroc : âge légal à 63 ans, ce que les MRE doivent anticiper

Illustration Maglor

Ecrit Par Maglor — Le projet de réforme des retraites au Maroc, présenté le 12 mai 2026, concerne aussi les Marocains résidant à l'étranger qui ont cotisé au pays ou qui comptent y prendre leur retraite. Aucun texte n'est encore promulgué, mais le vote est attendu à l'automne 2026, pour une entrée en vigueur visée au 1er janvier 2027.

Ce que prévoit le projet

L'âge légal passerait de 60 à 63 ans, de manière progressive et avec des dispositions transitoires destinées à protéger les droits acquis. Un relèvement à 65 ans a été examiné par une commission technique, mais il n'a pas été retenu. Le projet prévoit en outre une revalorisation des pensions de 8 % étalée sur trois ans, à partir de 2027. Une hausse des taux de cotisation est à l'étude, sans niveau arrêté pour l'instant.

Les conséquences pour les MRE

Pour les anciens cotisants au Maroc, un âge de départ reculé retardera la date à laquelle la pension pourra être demandée. Les MRE qui cotisent volontairement à la CNSS depuis l'étranger restent, eux, soumis au taux actuel de 12,89 % du salaire déclaré, calculé entre le salaire minimum 2026 (3 422 dirhams par mois) et 6 000 dirhams, soit environ 441 à 773 dirhams mensuels. Cette assurance volontaire exige 1 080 jours de cotisation préalables et une inscription dans les 60 mois suivant la fin de l'activité salariée.

À noter, un décret de mai 2025 a abaissé de 3 240 à 1 320 jours le seuil de cotisation ouvrant droit à une pension CNSS, et le projet ne le remet pas en cause.

Carrières mixtes : le risque d'un décalage

Les conventions bilatérales de sécurité sociale permettent de totaliser les périodes travaillées avec la France, la Belgique, l'Espagne, l'Italie, les Pays-Bas et l'Allemagne. Un âge marocain relevé sans changement correspondant à l'étranger pourrait créer un décalage entre les deux pensions. Pour les résidents de pays sans convention avec le Maroc, comme la Suisse, les États-Unis, la Norvège ou le Danemark, la situation est plus délicate, car les périodes ne sont pas combinées.

Que faire dès maintenant ?

Il est conseillé de reconstituer son relevé de carrière auprès de la CNSS et des caisses du pays de résidence, de vérifier le nombre de jours cotisés et de ne pas laisser expirer le délai de 60 mois pour l'assurance volontaire. Ces informations sont issues d'une présentation du projet, et non d'un texte définitif : le calendrier et les paramètres peuvent encore évoluer lors du débat parlementaire. Les MRE auront intérêt à suivre l'examen du texte pour en mesurer l'impact exact sur leurs projets de retour.

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