Ecrit Par Maglor — Vingt-neuf ans après leur précédente rencontre, l'Algérie et le Sénégal ont relancé leur coopération. La sixième session de la Grande Commission mixte de coopération s'est tenue à Alger du 11 au 13 octobre 2026 et s'est conclue par la signature de quinze accords et mémorandums d'entente.
Un cadre juridique à actualiser
L'objectif affiché des deux gouvernements est triple : donner un nouvel élan aux relations bilatérales, actualiser le cadre juridique de la coopération pour l'adapter aux priorités actuelles des deux pays, et diversifier le partenariat en élargissant ses champs d'action. Le très long intervalle entre les deux sessions montre à quel point ce rendez-vous marque un changement de rythme.
Des secteurs stratégiques
Les textes signés couvrent l'énergie, les mines et la géologie, la promotion des investissements, les transports, les services aériens, les archives et l'enseignement supérieur. Cette palette illustre une approche large, associant infrastructures, ressources naturelles et échanges humains et universitaires. Les informations publiées ne précisent toutefois ni le contenu détaillé des accords, ni leurs montants financiers, ni leurs échéances de mise en œuvre.
L'Algérie et son ancrage africain
Cette session s'inscrit dans une stratégie d'élargissement de la présence algérienne en Afrique subsaharienne, notamment dans le domaine énergétique, où Sonatrach prépare par ailleurs son entrée sur le marché sénégalais et mauritanien. Pour Alger, qui cherche à sortir de sa dépendance aux hydrocarbures et à développer ses exportations, le Sénégal représente un partenaire d'entrée sur l'Afrique de l'Ouest. Pour Dakar, l'enjeu est de diversifier ses partenaires dans l'énergie, les mines et les transports aériens.
Des liaisons à renforcer
Le volet des services aériens et des transports est particulièrement suivi : il conditionne la fluidité des échanges commerciaux et des déplacements des opérateurs économiques comme des étudiants. La coopération universitaire et archivistique, plus discrète, participe quant à elle à la construction d'un lien durable entre les deux sociétés.
Ce qu'il faut suivre
Comme souvent dans ce type de rencontre, l'essentiel se jouera dans la mise en œuvre : calendrier de ratification, création de groupes de travail, premiers projets concrets. La rivalité diplomatique et économique entre pays du Maghreb sur le continent africain rend ce suivi d'autant plus intéressant. Pour la communauté maghrébine de France, attentive aux mutations des relations Sud-Sud, cet accord illustre le basculement progressif des échanges du Maghreb vers l'Afrique de l'Ouest.