FR AR
Partager sur :

Législatives 2026 au Maroc : campagne ouverte, enjeux majeurs pour la démocratie du Royaume

Maglor - Le Maroc entre dans l'une des séquences politiques les plus importantes de son agenda démocratique. Les élections législatives prévues le 23 septembre 2026 mobilisent partis, candidats et citoyens dans un contexte de profondes mutations sociales et économiques. Tour d'horizon d'un scrutin qui engage l'avenir de la représentation parlementaire du Royaume.

Un scrutin pour renouveler 395 sièges

Les élections du 23 septembre 2026 ont pour objet le renouvellement intégral de la Chambre des représentants, la chambre basse du Parlement marocain. Les 395 sièges en jeu se répartissent en deux catégories : 305 sièges élus dans les circonscriptions locales à travers le territoire national, et 90 sièges issus des listes régionales, en partie dédiées à la représentation des femmes et des jeunes.

Le scrutin se tiendra selon le mode de représentation proportionnelle au plus fort reste, un système qui favorise la représentation de plusieurs partis et oblige généralement à la constitution de coalitions gouvernementales. Le Parlement issu de ce scrutin désignera à son tour le chef du gouvernement, qui sera nommé par Sa Majesté le Roi Mohammed VI au sein du parti arrivé en tête.

Le calendrier électoral : une campagne de douze jours

Le processus électoral s'est déroulé selon un calendrier serré. Le dépôt des candidatures via la plateforme électronique dédiée a pris fin le 8 septembre à midi, les dossiers originaux devant être déposés physiquement jusqu'au 9 septembre à midi. Ces délais stricts visent à garantir la régularité juridique des listes soumises au suffrage des Marocains.

La campagne électorale officielle a débuté à la première heure du jeudi 10 septembre 2026 et se poursuivra jusqu'à minuit le 22 septembre — soit la veille du scrutin. Pendant douze jours, les partis en lice battront le terrain, organiseront des meetings et diffuseront leurs programmes à travers les médias publics et privés.

Les partis en lice : un paysage recomposé

Le paysage partisan marocain aborde ce scrutin avec plusieurs évolutions notables par rapport aux législatives de 2021. Le Rassemblement National des Indépendants (RNI), qui avait réalisé une percée historique en 2021 en arrivant en tête, défend sa position dominante sous la conduite d'Aziz Akhannouch, chef du gouvernement sortant. Le Parti Authenticité et Modernité (PAM) et le Parti de l'Istiqlal, ses alliés de la coalition tripartite, cherchent à maintenir leur influence.

Dans l'opposition, le Parti Justice et Développement (PJD), qui avait subi une déroute historique en 2021 après dix ans au pouvoir, tente un comeback en se repositionnant sur des thématiques sociales et en renouvelant une partie de ses cadres dirigeants. Les partis de la gauche — Fédération de la Gauche Démocratique, Parti du Progrès et du Socialisme — espèrent capitaliser sur les tensions sociales pour reconstituer un bloc progressiste crédible.

Les enjeux : pouvoir d'achat, chômage, jeunesse

Si la forme du scrutin est bien rodée, le fond des débats reflète les préoccupations profondes de la société marocaine. Le pouvoir d'achat, érodé par plusieurs années d'inflation, constitue le premier sujet de mobilisation. Hausse du coût de la vie, accès au logement, précarité de l'emploi des jeunes : autant de dossiers que les partis cherchent à s'approprier dans leur programme.

La question du chômage des jeunes — structurellement élevé malgré la croissance économique — et celle de la réforme de l'éducation figureront en bonne place dans les joutes électorales. Le bilan du gouvernement Akhannouch sera scruté à la loupe : les réformes engagées (aide sociale directe, programme Awrach, généralisation de la protection sociale) trouveront-elles leur traduction dans les urnes ?

Vers quelle majorité ?

Les sondages, encore rares dans le paysage marocain, restent difficiles à interpréter. La plupart des observateurs s'attendent à une recomposition partielle du paysage parlementaire, sans rupture radicale. La coalition sortante RNI-PAM-Istiqlal pourrait maintenir une majorité, mais avec des équilibres redistribués. L'émergence de nouveaux partis ou mouvements citoyens reste une variable à surveiller.

Ce qui est certain, c'est que le scrutin du 23 septembre 2026 constitue un test de maturité pour la démocratie marocaine : taux de participation, représentation des femmes et des jeunes, degré d'alternance réelle — autant d'indicateurs qui permettront de mesurer la vitalité d'un système politique en quête de légitimité renouvelée.

Partager sur :