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Le Maroc fait désormais peur à l'industrie automobile italienne

Le Maroc est devenu une puissance industrielle qui inquiète sérieusement ses partenaires européens. Roberto Vavassori, président de l'ANFIA (Association nationale des constructeurs et équipementiers automobiles italiens), a tiré la sonnette d'alarme le 9 septembre dernier face aux risques que représente, selon lui, un avant-projet de texte européen pour la filière automobile de la Péninsule.

La mise en garde du patron de l'ANFIA porte sur un avant-projet de loi européen intitulé « Industrial Accelerator Act ». Dans sa version actuelle, ce texte pourrait favoriser les importations de véhicules et de composants en provenance du Maroc et de la Turquie au détriment de la production réalisée au sein de l'Union européenne. Pour les industriels italiens, c'est une menace directe sur leur compétitivité et leurs emplois.

Ce qui alarme les professionnels du secteur, c'est l'ampleur de la montée en puissance du Royaume chérifien comme base industrielle pour les grands groupes automobiles européens. En quelques années, le Maroc est devenu un hub incontournable pour la fabrication de véhicules et de pièces destinées au marché européen, attirant des investissements massifs grâce à ses coûts de production compétitifs, sa proximité géographique et ses accords de libre-échange avec l'UE.

Des constructeurs comme Renault et Stellantis ont fait du Maroc l'un de leurs centres de production stratégiques. L'usine Renault de Tanger produit plusieurs centaines de milliers de véhicules par an, tandis que tout un écosystème de sous-traitants s'est développé autour de ces pôles industriels. La formation d'une main-d'œuvre qualifiée et l'amélioration continue des infrastructures logistiques ont encore renforcé l'attractivité du pays.

Pour les industriels italiens, cette réalité est désormais une source de préoccupation majeure. Si l'Industrial Accelerator Act venait à faciliter encore davantage l'accès des produits marocains et turcs au marché européen sans contreparties suffisantes pour les producteurs locaux, les usines du nord de l'Italie pourraient en subir les conséquences. La compétition entre les deux rives de la Méditerranée dans le secteur automobile entre dans une nouvelle phase, et le Maroc y tient désormais un rôle de premier plan.

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