Entre le 23 juillet et le 6 août 2026, l'Office des Tunisiens à l'Étranger (OTE) a organisé une série de rencontres régionales inédites dans quatre districts du pays — Tataouine, Grand Tunis, Bizerte et Kairouan — pour engager un dialogue territorial direct avec la diaspora tunisienne. L'ambition : faire des Tunisiens à l'étranger des partenaires stratégiques du développement national, et non plus seulement des pourvoyeurs de devises.
Une nouvelle organisation territoriale au service du développement
La Tunisie a amorcé une transformation de son architecture territoriale, en répartissant le pays en districts à vocation stratégique. Cette organisation vise à créer une dynamique complémentaire entre les régions, où les zones les plus développées tirent vers le haut celles qui le sont moins. La diaspora, avec ses compétences, ses réseaux et ses ressources, est appelée à jouer un rôle central dans cette mécanique.
Quatre districts, quatre priorités
Tataouine (23 juillet) a mis en avant son potentiel en énergies renouvelables, tourisme saharien et économie transfrontalière, tout en soulignant les obstacles structurels à lever : logistique, foncier, attractivité. Le Grand Tunis (29 juillet), moteur économique du pays avec 4 millions d'habitants, a misé sur l'intelligence artificielle, le numérique et les énergies vertes. Bizerte (4 août), porte méditerranéenne dotée d'un port stratégique, a exploré l'économie bleue et les filières agricoles. Kairouan (6 août) a clôturé le cycle en se penchant sur les chaînes de valeur, l'inclusion financière et la transformation des transferts en investissements productifs.
Un engagement de l'État
Dans son discours de clôture à Kairouan, le ministre des Affaires sociales, Issam Lahmar, a affirmé : « Nous nous engageons à traduire vos recommandations en décisions, en mesures et en programmes qui ouvriront de nouvelles perspectives à l'ensemble de la diaspora tunisienne. »
L'initiative est soutenue par le programme IFSE de la GIZ, cofinancé par l'Union européenne et le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement. Elle marque un changement de paradigme : la Tunisie reconnaît enfin que sa diaspora n'est pas seulement un lien affectif, mais un levier stratégique pour son avenir.