Hicham TOUATI
À la Fondation Maison du Maroc à Paris, la projection de la demi-finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025 entre le Maroc et le Nigéria a dépassé le cadre sportif. Le temps d’une soirée, le football est devenu un espace de rassemblement, de mémoire et de projection collective pour une diaspora en quête de liens et de sens.
Dans les salons de la Fondation Maison du Maroc à Paris, l’écran n’était, ce soir-là, qu’un prétexte. Certes, il diffusait la demi-finale très attendue de la CAN 2025 opposant le Maroc au Nigéria, mais ce qui se jouait dépassait largement le rectangle vert. À mesure que les minutes s’égrenaient, la Maison se transformait en un lieu de convergence où étudiants marocains, membres de la diaspora et amis du Royaume partageaient bien plus qu’un match : un sentiment d’appartenance, une émotion collective, une façon d’être ensemble loin du pays.
L’initiative, portée par le directeur de la Fondation, Mouha Taourirt, s’inscrit dans une vision assumée de la diplomatie culturelle, où le sport agit comme un langage universel. En donnant à cet événement une dimension institutionnelle et citoyenne, il a fait du football un outil de représentation nationale, capable de rassembler des profils, des générations et des trajectoires diverses autour d’un même imaginaire. À ses côtés, M. Badich, directeur des activités culturelles, a veillé à la cohérence et à la qualité de l’organisation, contribuant à faire de cette soirée un moment fluide, chaleureux et inclusif.
L’atmosphère, rapidement électrique, témoignait de l’intensité du lien qui unit la diaspora marocaine à son équipe nationale. Les chants, les applaudissements et les silences suspendus traduisaient une tension partagée, mais aussi une forme de communion rare dans l’espace parisien. Le football devenait alors un support de mémoire et de projection : souvenirs du pays, fierté d’une jeunesse marocaine ambitieuse, espoir d’un Maroc qui gagne et qui s’affirme sur la scène continentale.
Au-delà du résultat sportif, l’événement a surtout mis en lumière le rôle singulier que joue la Fondation Maison du Maroc à Paris. Loin d’être un simple lieu d’hébergement ou de passage, elle s’affirme comme un espace vivant de sociabilité, de culture et de représentation. En offrant un cadre fédérateur à la communauté marocaine, elle participe à la construction d’une image du Maroc moderne, ouverte et confiante, attentive à sa jeunesse et à sa diaspora.
Dans un contexte international marqué par la recherche de nouvelles formes de dialogue et d’influence, cette soirée illustre la puissance discrète de la diplomatie dite « douce ». Sans discours officiel ni protocole pesant, un match de football a suffi à créer du lien, à renforcer le sentiment d’appartenance et à faire rayonner une identité nationale dans un espace étranger.
Reste désormais à savoir comment ces moments, nés de l’émotion sportive, pourront s’inscrire dans la durée et nourrir une réflexion plus large sur la place de la culture et du sport dans les relations internationales. À Paris, le temps d’un match, la Maison du Maroc a rappelé qu’il existe des formes de diplomatie qui se jouent avant tout dans le partage et l’expérience vécue.