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8000 comprimés d’ecstasy et de Rivotril saisis à Fès, deux suspects interpellés


Hicham TOUATI 

5000 cachets d’ecstasy et 3000 de Rivotril. C’est le volume de la cargaison interceptée, vendredi 22 mai, à l’entrée de la capitale spirituelle. Une prise rare, qui met au jour l’ampleur des trafics de psychotropes ciblant la jeunesse marocaine.

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D’abord, il y a ce chiffre, qui donne le vertige : 8 000 comprimés illicites, soigneusement dissimulés dans l’habitacle banal d’une voiture légère. 5000 pastilles hallucinogènes de type ecstasy, ces petits cercles colorés que l’on avale dans l’insouciance des nuits artificielles. 3000 autres de Rivotril, un anxiolytique puissant que les trafiquants ont appris à détourner pour ses vertus sédatives. Le tout était acheminé depuis l’une des villes du nord du royaume, comme un vulgaire colis postal, quand les éléments de la sûreté de Fès, agissant en coordination avec la Direction générale de la surveillance du territoire, ont mis un terme au voyage.

L’interpellation s’est nouée en début d’après-midi, à un point d’entrée de la cité idrisside. La conductrice, une femme de 51 ans, n’a eu le temps ni de fuir ni de dissimuler la nature de son chargement. À bord du véhicule, les enquêteurs ont également découvert une somme d’argent dont l’origine laisse peu de place au doute : elle porterait l’empreinte du trafic. La suite des investigations n’a pas tardé à porter ses fruits. Remontant le fil ténu des complicités, les policiers ont identifié un second protagoniste, un homme de 31 ans, arrêté quelques heures plus tard dans un quartier résidentiel de Fès.

Placés sous le régime de la garde à vue, les deux suspects se trouvent désormais face à un appareil judiciaire résolu à dénouer tous les fils de l’affaire. L’enquête, diligentée sous la supervision du parquet compétent, devra établir la cartographie précise de ce réseau : qui fournit la matière première, qui façonne les itinéraires, qui écoule la marchandise au cœur des nuits fassies. Car une telle quantité de psychotropes ne s’improvise pas. Elle suppose des relais, des financements, une logistique froide que chaque nouvelle saisie contribue à exposer.

À l’heure où les interrogatoires se poursuivent, une certitude s’impose : ces 8 000 comprimés ne viendront pas empoisonner le sang des plus vulnérables. Reste à savoir si ce coup de filet permettra d’atteindre les ramifications supérieures d’un commerce qui, de Tanger à Fès, ne cesse de muter pour échapper aux radars. Les prochaines heures de garde à vue seront, de ce point de vue, décisives.

Région
Fez - Meknès
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