Ecrit Par Maglor — L'Algérie s'apprête à inaugurer une zone de libre-échange à Tindouf, à l'extrême sud-ouest du pays, près du poste frontalier avec la Mauritanie. L'annonce a été faite le jeudi 5 novembre 2026 par le ministre du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, Kamel Rezig, lors d'une séance de questions orales au Conseil de la nation. Il a présenté ce complexe comme un « projet stratégique » destiné à stimuler les échanges avec l'Afrique de l'Ouest.
Des travaux achevés deux ans après le lancement
Selon le ministre, les travaux sont entièrement terminés, deux ans après le début du chantier. La première pierre avait été posée en 2024 par le président algérien Abdelmadjid Tebboune et son homologue mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, un geste politique qui illustrait la volonté commune des deux pays de développer un corridor commercial entre le nord et l'ouest du continent. La remise officielle de la zone est attendue avant la fin de l'année 2026.
Une infrastructure de 200 hectares
La zone s'étend sur 200 hectares et comprend six grands entrepôts, des espaces d'exposition, un centre de contrôle des marchandises, une base de vie, des bâtiments administratifs destinés à accueillir les douanes, les banques et les compagnies d'assurance, ainsi que des infrastructures de services et de sécurité et un centre de santé. L'ambition affichée est d'en faire une plateforme commerciale et logistique de premier plan.
Un objectif : exporter davantage vers l'Afrique de l'Ouest
L'objectif central est de développer le commerce international avec les pays d'Afrique de l'Ouest, en particulier les exportations algériennes vers ces marchés. Les autorités entendent ainsi renforcer la compétitivité des opérateurs économiques et la présence économique de l'Algérie sur le continent. Cette orientation s'inscrit dans la stratégie de diversification des exportations hors hydrocarbures, qui a progressé ces derniers mois et reste un enjeu majeur pour l'économie du pays.
Le choix de Tindouf n'est pas anodin : situé à proximité de la Mauritanie, le site doit servir de point d'appui pour acheminer des produits algériens vers Nouakchott, puis vers le reste de la région. Le ministre a également indiqué qu'un projet de décret portant création d'un établissement public chargé de gérer les zones franches se trouve actuellement au Secrétariat général du gouvernement.
Les enjeux à surveiller
Si l'infrastructure est prête, plusieurs questions demeureront à suivre. La première concerne le cadre de gestion : la création de l'établissement public annoncé sera déterminante pour définir les règles douanières, fiscales et logistiques applicables aux opérateurs. La seconde porte sur la connectivité : la performance d'une zone de libre-échange dépend de la qualité des routes, des liaisons avec les ports et de la fluidité du passage frontalier. Enfin, l'attractivité du site dépendra de la capacité des exportateurs algériens à proposer des produits compétitifs sur des marchés où la concurrence est déjà bien installée.
Pour la communauté maghrébine de France, ce type de projet est suivi avec attention : il illustre la volonté de l'Algérie de se projeter au-delà de sa rente énergétique et d'ouvrir de nouveaux débouchés pour ses entreprises, y compris celles qui s'appuient sur des partenariats avec la diaspora. Les prochains mois diront si la zone de Tindouf tient ses promesses et si l'Algérie parvient à faire de son extrême sud une porte d'entrée vers l'Afrique de l'Ouest.