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Tribune : et si l'on écoutait enfin les idées de la diaspora maghrébine ?

Illustration Maglor

Ecrit Par Maglor — Chaque année, les chiffres des transferts de fonds sont salués comme une preuve de l'attachement des Maghrébins d'Europe à leur pays d'origine. Mais l'argent n'est qu'une partie de ce que la diaspora peut offrir. L'initiative #FikraMRE, qui a récolté des idées d'emplois auprès de Marocains du monde entier, rappelle une évidence : on ne manque pas d'idées, on manque d'écoute.

Plus qu'un guichet de transferts

Les Marocains de l'étranger ont envoyé plus de 122 milliards de dirhams en 2025. Ce chiffre impressionne, mais il réduit la diaspora à un rôle de financeur. Or beaucoup de Marocains, d'Algériens et de Tunisiens établis en Europe sont ingénieurs, médecins, chefs d'entreprise, chercheurs, enseignants. Leur expérience des marchés européens, des normes et du numérique est une ressource rare, que les États du Maghreb exploitent encore peu.

Des propositions concrètes

Parmi les idées recueillies dans cette campagne figurent un centre de mise en relation entre professionnels de la diaspora et entreprises locales, une création d'entreprise entièrement numérique et une préparation des exportateurs à la tarification carbone européenne. Ce ne sont pas des slogans : ce sont des chantiers administratifs et industriels précis, qui supposent de la volonté politique plus que de gros budgets.

Le nœud de la représentation

Reconnaître la diaspora, c'est aussi lui donner une voix. Les Marocains de l'étranger ont voté par procuration lors des dernières législatives, mais les urnes restent physiquement au Maroc. Tant que la participation dépendra d'un procédé indirect, la confiance restera fragile. Cette réflexion vaut aussi pour l'Algérie et la Tunisie, où les expatriés réclament des guichets administratifs plus simples et une représentation réelle.

Ce qu'il faudrait faire

Trois gestes simples : instituer un interlocuteur unique pour les projets de la diaspora ; publier chaque année les propositions retenues et celles écartées, avec les raisons ; associer les associations d'Europe à la préparation des politiques qui les concernent. L'écoute n'est pas un geste symbolique, elle se mesure à ce qui change ensuite.

Cette tribune n'engage que son auteur. Elle s'appuie sur les informations publiées par Morocco World News le 22 septembre 2026.

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