Ecrit Par Maglor — Les contours d'une nouvelle ligne ferroviaire sur les Hauts Plateaux algériens viennent d'être présentés. Le projet, long de 265,5 kilomètres, doit relier El Bayadh à Djelfa en passant par les wilayas de Laghouat et d'Aflou, avec des trains de voyageurs pouvant rouler jusqu'à 220 km/h. Le tracé a été exposé par des représentants de l'Anesrif, l'agence nationale d'études et de suivi des investissements ferroviaires, lors d'une réunion présidée par le wali d'El Bayadh, Noureddine Belaribi.
Un tracé en trois tronçons
La ligne traverse trois wilayas. Dans celle d'El Bayadh, elle couvre environ 92 km, avec une gare au centre-ville, un arrêt près de l'aéroport et la gare de Boualem. Dans celle de Laghouat, le tronçon atteint 93,6 km, avec l'arrêt de Bouzertala et des gares à Brida et Aflou. Dans celle de Djelfa, il s'étend sur 79,4 km, avec les gares d'El Idrissia et de Douis, jusqu'à Aïn Elbel.
Voyageurs et marchandises
La voie est conçue pour un service mixte. Les trains de voyageurs pourront atteindre 220 km/h, tandis que les trains de marchandises circuleront à 100 km/h. La ligne est prévue à voie unique, mais des ouvrages sont réalisés pour permettre un doublement ultérieur. Les concepteurs ont retenu des locomotives diesel-électriques. Le projet est présenté comme un maillon de désenclavement entre les wilayas des Hauts Plateaux.
Des réserves encore à lever
Le wali a indiqué que le dossier sera réexaminé une fois levées plusieurs réserves liées aux plans d'occupation des sols et au tissu urbain de la commune d'El Bayadh, ainsi qu'à un nouveau pôle urbain. Il a aussi demandé que les études de risque d'inondation concernant l'aéroport soient prises en compte et insisté sur une meilleure coordination entre le bureau d'études, l'Anesrif et les services locaux.
Ce que l'on ignore
Ni le coût du projet ni son calendrier de réalisation n'ont été communiqués à ce stade. Ces deux paramètres seront déterminants pour mesurer la portée réelle d'un chantier de cette ampleur.
Une logique de réseau
Ce projet s'ajoute à d'autres chantiers ferroviaires engagés ou annoncés ces dernières semaines en Algérie, notamment ceux liés à l'axe Alger-Tamanrasset. Dans un pays vaste, où les distances pèsent sur les échanges et sur la vie quotidienne, le rail est considéré comme un outil d'aménagement du territoire : il peut réduire les temps de trajet, faciliter l'acheminement des produits agricoles et miniers et offrir une alternative à la route pour les habitants des zones intérieures.
Reste à savoir comment ces ambitions se traduiront sur le terrain. Les Hauts Plateaux, longtemps éloignés des grands axes, pourraient bénéficier d'un nouveau levier de développement si le calendrier est tenu et si les contraintes foncières et hydrologiques sont résolues. Pour la diaspora algérienne, souvent attachée à ces régions d'origine, l'évolution des transports intérieurs est aussi un indicateur de la modernisation du pays.