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Sahel : le FLA frappe à la porte de Saddam Haftar et d'Abou Dhabi, quels enjeux pour l'Algérie ?

Illustration Maglor

Ecrit Par Maglor — Au nord du Mali, le conflit entre Bamako et les indépendantistes touareg du Front de libération de l'Azawad (FLA) continue de redessiner les équilibres sécuritaires aux portes de l'Algérie. Selon des informations relayées par la presse algérienne le 18 octobre, une délégation du FLA aurait été reçue à Benghazi par Saddam Haftar, numéro deux de l'Armée nationale libyenne, ouvrant la perspective d'un rapprochement avec le camp Haftar et, au-delà, avec Abou Dhabi.

Un mouvement en quête de nouveaux soutiens

Dirigé par Alghabass Ag Intalla, le FLA cherche à renforcer ses capacités militaires face au pouvoir malien, soutenu pour sa part par la Russie et son Africa Corps. Le mouvement avait détenu deux paramilitaires russes depuis juillet 2024, avant qu'une médiation libyenne n'aboutisse à leur libération. Cet épisode a installé la Libye de l'Est comme un interlocuteur possible pour les Touareg de l'Azawad, en dehors des canaux de médiation traditionnels.

Il convient toutefois de rester prudent : la rencontre de Benghazi est rapportée par des sites spécialisés, et aucun élément public ne confirme à ce stade un accord d'assistance militaire. L'analyse publiée par le média algérien TSA procède surtout par questions ouvertes : que cherche réellement le FLA, et jusqu'où le camp Haftar est-il prêt à s'engager ?

Pourquoi Alger observe la situation de près

Pour l'Algérie, qui partage plus de 1 300 kilomètres de frontière avec le Mali et a longtemps joué un rôle de médiateur dans le dossier de l'Azawad, l'arrivée de nouveaux parrains extérieurs est une source d'inquiétude. Les réseaux liés aux Émirats arabes unis, déjà présents dans plusieurs théâtres africains, sont perçus comme un facteur de déstabilisation potentiel près des frontières algériennes. L'analyse évoque aussi la crainte de voir le FLA instrumentalisé au service d'agendas qui ne sont pas les siens.

La même lecture inscrit la situation dans une perspective plus large : celle d'un axe régional dans lequel certains observateurs algériens placent les Émirats, le Maroc et Israël, et qui alimenterait un sentiment d'encerclement à Alger. Il s'agit là d'une interprétation, et non d'un fait établi, mais elle éclaire la lecture que fait une partie de l'establishment algérien de l'évolution du Sahel.

Un jeu d'équilibres délicat pour Haftar

Pour Saddam Haftar, le dossier n'est pas sans risque. Un soutien affiché au FLA face à l'Africa Corps pourrait tendre les relations avec Moscou, qui utilise l'est de la Libye comme base logistique pour ses opérations sahéliennes. L'enjeu est donc double : étendre l'influence du camp Haftar vers le Sahel sans rompre avec un partenaire russe devenu central.

Ce qu'il faut surveiller

Trois éléments méritent d'être suivis dans les prochaines semaines : une éventuelle confirmation officielle des contacts de Benghazi, l'attitude des Émirats arabes unis, et la réaction diplomatique d'Alger, qui défend traditionnellement une solution politique à la crise malienne fondée sur l'accord d'Alger. Pour la communauté algérienne de France, très attentive à la stabilité de la région, ces évolutions rappellent combien la sécurité du Maghreb dépend de ce qui se joue plus au sud, dans un Sahel redevenu un espace de compétition entre puissances régionales et internationales.

À ce stade, la prudence reste de mise : l'information repose sur des sources secondaires, et le dossier peut évoluer très vite.

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