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Grand Est : plus de 600 millions d'euros d'investissements étrangers annoncés, une région d'industrie ouverte sur l'Europe

Illustration Maglor

Ecrit Par Maglor — Le Grand Est n'est pas seulement une région frontalière : c'est l'un des territoires français les plus ouverts aux capitaux étrangers. Après le sommet Choose France de juin 2026, huit nouvelles annonces d'investissements étrangers, pour plus de 600 millions d'euros, ont été recensées dans la région. Un chiffre qui dit beaucoup de sa place dans l'industrie européenne.

Huit annonces, six pays

Les projets annoncés viennent d'Allemagne, des États-Unis, d'Irlande, de Suède, d'Espagne et d'Italie. L'allemand Liebherr prévoit 90 millions d'euros à Colmar, et Claas 50 millions à Woippy, en Moselle. Les Américains Mars (45 millions d'euros sur cinq sites) et Ecolab (100 millions d'euros sur deux projets, dont Holo Solis à Sarreguemines) investissent également. L'irlandais Smurfit consacre 60 millions d'euros à ses sites d'Épernay et de Rethel, le suédois Alfa Laval 50 millions à Golbey, l'espagnol Boluda 250 millions d'euros à un projet mondial d'infrastructures portuaires, et l'italien Prysmian 28 millions à Cornimont.

Une région d'industrie

Les entreprises à capitaux étrangers pèsent 19,2 % des emplois en équivalent temps plein dans le Grand Est, soit environ six points de plus que la moyenne nationale. Surtout, 56 % des salariés de ces entreprises travaillent dans l'industrie, contre 38 % au niveau national. L'Allemagne représente 29 % de ces emplois, devant les États-Unis (15 %), la Suisse (11 %), la Belgique (8 %) et le Luxembourg (7 %).

En 2025, l'Allemagne a été le premier investisseur étranger de la région, avec 30 % des projets. Le Grand Est s'est classé troisième région française en attractivité, avec 88 projets internationaux. La Région prévoit un « Expansion Desk » pour accompagner les investisseurs allemands qui souhaitent s'implanter.

Un enjeu pour l'emploi local

Ces investissements arrivent dans un contexte où l'industrie régionale connaît des tensions, avec un chômage supérieur à la moyenne nationale et des suppressions de postes dans certaines filières. Les nouveaux projets constituent donc un levier d'emploi, notamment pour les jeunes, les salariés en reconversion et les habitants des quartiers où la recherche d'un emploi stable reste difficile, dont de nombreux Français d'origine maghrébine.

Des conditions de réussite

Annoncer ne suffit pas : le défi est de transformer ces engagements en recrutements effectifs. Cela suppose des formations adaptées, un lien étroit entre entreprises, lycées professionnels et agences d'emploi, et la lutte contre les discriminations à l'embauche. Le président de la Région, Franck Leroy, décrit le Grand Est comme une « terre d'industrie, d'innovation et d'échanges au cœur de l'Europe ». Pour que cette formule profite à tous les habitants, les employeurs ont aussi un rôle à jouer en recrutant largement.

Et après ?

Les prochains mois permettront de mesurer la concrétisation de ces projets : permis, chantiers, premières embauches. Les collectivités, les chambres consulaires et les associations d'insertion de la région seront attentives à leur calendrier.

Source : Matot Braine (juin 2026).

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