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Algérie : viande importée, Tebboune ordonne des enquêtes sur les prix et les pratiques de certains importateurs

Illustration Maglor

Ecrit Par Maglor — Le président Abdelmadjid Tebboune a ordonné, lors du Conseil des ministres du dimanche 18 octobre 2026, l'ouverture d'enquêtes sur les prix de la viande importée et sur les pratiques de certains importateurs. Une décision qui s'inscrit dans la lutte engagée par les autorités contre la spéculation, alors que le pouvoir d'achat reste la première préoccupation des ménages algériens.

Une viande importée qui ne fait pas baisser les prix

L'État avait pourtant ouvert la voie aux importations de viande et accordé des réductions fiscales et douanières destinées à faire reculer les prix à l'étal. Le résultat n'est pas à la hauteur : selon les constats rapportés par la présidence, des viandes importées sont vendues à des tarifs proches de ceux de la viande locale. Le chef de l'État soupçonne la constitution de situations de monopole entre certains importateurs, qui capteraient l'avantage fiscal sans le répercuter sur le consommateur.

Des écarts de prix entre wilayas, et même entre quartiers

Le Premier ministre est chargé d'examiner « le rôle néfaste de certains importateurs de viande », selon le communiqué de la présidence relayé par la télévision publique. Il doit également enquêter sur les différences de prix constatées d'une wilaya à l'autre, et parfois entre deux quartiers d'une même ville. Ces écarts, difficiles à expliquer par les seuls coûts de transport ou de stockage, alimentent le soupçon d'une chaîne de distribution opaque.

Encadrer les intermédiaires

Le président a aussi demandé l'élaboration d'un texte destiné à réguler strictement les intermédiaires entre producteurs et consommateurs. Cette orientation rejoint la ligne défendue ces dernières semaines : réduire le nombre de maillons entre le champ, l'abattoir ou le port d'arrivée et le consommateur final. Le gouvernement avait déjà plafonné le prix de la pomme de terre et renforcé les contrôles contre les spéculateurs face à la flambée des fruits et légumes.

Les limites d'une réponse administrative

Les économistes rappellent régulièrement que les prix de détail dépendent aussi de facteurs structurels : coût de l'alimentation du bétail, capacités de stockage et de froid, circuits de commercialisation, taux de change et disponibilité des devises. Une enquête peut révéler des ententes et sanctionner des abus, mais elle ne remplace pas une politique d'offre. Plus l'offre locale est abondante et la concurrence réelle entre importateurs, plus la baisse a des chances de se répercuter durablement.

La transparence sera décisive. Publier les prix pratiqués par wilaya, les volumes importés et la liste des opérateurs autorisés permettrait au consommateur et à la presse de vérifier si les mesures produisent un effet. À défaut, le risque est de voir ces annonces s'ajouter à une longue série de campagnes ponctuelles dont les effets s'estompent.

Ce que cela change pour les familles

Pour de nombreuses familles, la viande reste un produit de consommation incontournable, en particulier à l'approche de la saison froide et des fêtes familiales. Les Algériens établis en France et en Europe, qui envoient souvent un soutien financier à leurs proches, suivent d'autant plus ce dossier que le niveau des prix pèse directement sur le budget familial au pays.

Les résultats des enquêtes ordonnées par le chef de l'État seront un test de la capacité de l'administration à agir sur les marchés. Les prochaines semaines diront si la promesse d'une viande plus abordable se traduit réellement dans les boucheries.

Source : TSA Algérie.

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