Ecrit Par Maglor — Selon les données du Conseil général du notariat espagnol publiées le 15 octobre 2026, les Marocains sont devenus la première nationalité étrangère en nombre d'achats de logements en Espagne au premier semestre 2026, avec 4 960 transactions, soit 8 % des achats réalisés par des étrangers. Ils devancent les Britanniques (4 541), les Italiens (4 109), les Roumains (3 974) et les Allemands (3 907).
Un marché étranger en net repli
Ce premier rang s'inscrit dans un contexte de forte baisse : les acquisitions étrangères totalisent 62 327 transactions, soit -13 % sur un an, le recul le plus marqué depuis le premier semestre 2020. La part des étrangers dans l'ensemble des ventes de logements tombe à 18,3 %, contre 19,2 % un an plus tôt et 20,3 % en 2024. Les non-résidents reculent de 18 % (22 940 transactions) et les étrangers résidents de 9,7 %.
Les achats marocains ont eux aussi diminué, d'environ 12,6 % selon TelQuel, mais moins que ceux des Britanniques (-21 %), des Américains (-22 %), des Russes (-26,2 %) ou des Chinois (-26,1 %). C'est cette moindre baisse qui a creusé l'écart : l'avance des Marocains sur les Britanniques est passée de 24 à 419 logements en six mois.
Le prix moyen le plus bas de toutes les nationalités
Le revers de la médaille est le niveau de prix. Les Marocains paient en moyenne 801 € par mètre carré, le chiffre le plus bas de toutes les nationalités. À titre de comparaison, la moyenne de tous les acheteurs étrangers atteint 2 644 €/m² (+9,4 % sur un an), les non-résidents 3 493 €/m² et les étrangers résidents 2 102 €/m². Les Américains paient 3 948 €/m², les Suédois 3 839 €, les Allemands 3 763 € et les Suisses 3 760 €.
Ce prix très bas reflète le profil des acquéreurs : il s'agit en grande majorité de résidents, souvent installés de longue date en Espagne, qui achètent leur résidence principale dans des zones à prix modérés plutôt que des résidences secondaires sur le littoral.
Une présence concentrée dans certaines régions
Parmi les acheteurs étrangers résidents, les Marocains représentent 12,4 % des achats. Ils pèsent particulièrement à Murcie (36,1 % des achats des étrangers résidents), en Navarre (34,3 %) et à La Rioja (25,1 %), des régions agricoles et industrielles où la communauté marocaine est solidement implantée. À l'inverse, les plus fortes baisses d'achats étrangers concernent la Cantabrie (-20,5 %), les Canaries (-20,3 %), la Communauté de Madrid (-19,7 %), les Baléares et la Communauté valencienne (-15,4 % chacune).
Ce que cela dit de la diaspora
Ces chiffres rappellent que l'investissement immobilier des Marocains résidant à l'étranger ne passe pas uniquement par le Maroc : en Espagne, comme en France ou en Belgique, l'accession à la propriété traduit une stabilisation durable des familles. Pour les MRE de France, la comparaison est instructive. Elle invite à s'interroger sur l'arbitrage entre achat dans le pays de résidence, achat au pays d'origine et dispositifs d'accompagnement de l'investissement, sujet récurrent des politiques publiques marocaines envers la diaspora.