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Tunisie : le FMI relève sa prévision de croissance à 2,4 % en 2026, mais s'inquiète du déficit courant

Ecrit Par Maglor — Dans ses dernières prévisions, publiées le 13 octobre 2026, le Fonds monétaire international (FMI) révise à la hausse ses projections pour l'économie tunisienne. La croissance du produit intérieur brut réel est désormais attendue à 2,4 % en 2026, contre 2,1 % anticipés en avril, après 2,7 % en 2025. Pour 2027, la prévision passe à 2 %, contre 1,6 % précédemment.

Une révision à la hausse, mais un écart avec le monde

Ces ajustements sont favorables, mais ils ne changent pas le diagnostic de fond : la Tunisie reste en deçà de la croissance mondiale projetée par le Fonds, soit 3,1 % en 2026 et 3,4 % en 2027. L'écart se creuserait même en 2027, ce qui signifie que le pays ne rattraperait pas, à court terme, le rythme de l'économie mondiale.

Le FMI estime ainsi que l'activité tunisienne progresse, mais à une cadence insuffisante pour absorber durablement le chômage ni pour relever significativement le niveau de vie. À noter : aucune prévision de chômage n'est disponible pour 2026 et 2027 dans les documents rapportés, pas plus que de chiffres sur la dette publique ou le déficit budgétaire.

L'inflation, mieux contenue que prévu

Le Fonds table sur une inflation de 5,5 % en 2026, contre 5,3 % en 2025, puis de 6,3 % en 2027. Ces niveaux restent élevés pour les ménages, mais ils sont inférieurs aux prévisions d'avril, qui annonçaient 6,5 % pour 2026 et 7,2 % pour 2027. Autrement dit, la pression sur les prix s'annonce moins forte qu'attendu, sans pour autant disparaître.

Pour les familles tunisiennes comme pour les Tunisiens de France qui soutiennent des proches restés au pays, cette inflation à plus de 5 % continue de rogner le pouvoir d'achat, notamment sur l'alimentation et l'énergie.

Le compte courant, principal point de vigilance

L'élément le plus préoccupant porte sur les comptes extérieurs. Le déficit du compte courant, qui était de 3,3 % du PIB en 2025, devrait se creuser à 4,9 % en 2026 puis à 5,3 % en 2027. Ce déficit mesure l'écart entre ce que le pays dépense à l'étranger et ce qu'il y gagne : sa dégradation traduit une dépendance accrue aux importations, une pression possible sur les réserves de change et sur le dinar, et un besoin de financement extérieur plus important.

C'est donc ce point, plus que la croissance, qui concentre l'attention des analystes. Les transferts des Tunisiens résidant à l'étranger, les recettes touristiques et les exportations manufacturières figurent traditionnellement parmi les principaux amortisseurs, mais leur capacité à compenser un déficit en hausse n'est pas garantie.

Que retenir ?

Le FMI dresse un tableau en demi-teinte : une croissance un peu meilleure, une inflation moins forte que redouté, mais des déséquilibres extérieurs qui s'aggravent. Les choix qui seront faits dans la prochaine loi de finances, déjà au cœur des débats, auront un rôle déterminant. Entre soutien à l'investissement, maîtrise des importations et préservation du pouvoir d'achat, la marge de manœuvre reste étroite. Les prochaines publications statistiques de l'Institut national de la statistique permettront de vérifier si la trajectoire annoncée par le Fonds se confirme.

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