Ecrit Par Maglor — Le Maroc occupe la 47e place sur 122 pays dans l'édition 2026 de l'Indice mondial de la faim, avec un score de 9,0 points qui le range dans la catégorie des pays à « faible niveau de faim ». Au sein de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord, le Royaume se classe huitième, derrière les Émirats arabes unis, la Turquie, le Koweït, la Tunisie, l'Arabie saoudite, l'Iran et l'Algérie.
Un score faible, mais en légère remontée
L'indice, publié conjointement par Concern Worldwide, Welthungerhilfe et l'Institut pour le droit international de la paix et des conflits armés, repose sur quatre indicateurs : la sous-alimentation, le retard de croissance et l'émaciation des enfants de moins de cinq ans, ainsi que leur mortalité. Plus le score est bas, moins la faim est présente.
Pour le Maroc, la sous-alimentation touche 6,5 % de la population, le retard de croissance 13,7 % des enfants de moins de cinq ans, l'émaciation 2,7 % et la mortalité infantile 1,6 %. Ces niveaux restent modérés au regard des standards internationaux.
La trajectoire historique est toutefois nuancée. Le score marocain était d'environ 15,7 points en 2000 et de 16,4 en 2006, avant de tomber à 9,4 en 2012 puis à 8,2 en 2018. Avec 9,0 points en 2026, le pays enregistre une très légère hausse, de moins d'un point, depuis 2018 : les progrès spectaculaires des années 2000 se sont donc essoufflés.
Un contexte mondial dégradé
Le rapport lie le recul de la sécurité alimentaire mondiale depuis 2018 à une succession de chocs : la pandémie de Covid-19, la guerre entre la Russie et l'Ukraine et le conflit impliquant les États-Unis, Israël et l'Iran. Ces crises ont perturbé les chaînes d'approvisionnement et renchéri les denrées, l'énergie et le transport.
Dans ce paysage, le Maroc est décrit comme un pays qui exporte des produits agricoles à forte valeur ajoutée, mais qui demeure fortement dépendant des importations de céréales. Cette vulnérabilité structurelle explique en partie pourquoi les progrès ne sont plus linéaires : une sécheresse, une flambée des cours du blé ou une hausse des coûts logistiques se répercutent rapidement sur les prix payés par les ménages.
Ce que révèle le classement régional
Être huitième de la région n'est pas un mauvais résultat en soi, d'autant que le classement place le Maroc derrière plusieurs économies pétrolières du Golfe aux revenus très élevés. Mais la comparaison avec ses voisins maghrébins est instructive : la Tunisie figure à la quatrième place régionale et l'Algérie à la septième, toutes deux devant le Royaume. L'article source ne fournit pas leurs scores détaillés, ce qui interdit de mesurer précisément l'écart, mais l'ordre de classement suffit à rappeler que la sécurité alimentaire reste un terrain de comparaison sensible au sein du Maghreb.
L'indice a par ailleurs ses limites : il exclut plusieurs pays développés, dont les États d'Europe occidentale, les États-Unis, le Canada, le Japon et l'Australie, et il mesure la faim au sens strict, sans refléter la qualité de l'alimentation ni l'impact de l'inflation sur le pouvoir d'achat quotidien.
Les enjeux pour les prochaines années
Le principal enseignement est celui de la fragilité des acquis. Le retard de croissance chez plus d'un enfant sur dix, même à 13,7 %, rappelle que la malnutrition chronique n'a pas disparu, notamment dans les zones rurales et les foyers les plus modestes. Réduire la dépendance céréalière, soutenir l'agriculture pluviale face aux aléas climatiques et cibler les aides vers les ménages vulnérables figurent parmi les leviers souvent évoqués par les experts.
Pour la communauté marocaine de France, ce classement est aussi un indicateur de contexte : il éclaire les raisons pour lesquelles l'évolution des prix alimentaires au Maroc et la solidité de l'économie rurale restent des sujets suivis de près par les familles restées au pays.