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Tunisie : 13,2 milliards de dinars de revenus du travail et de recettes touristiques à fin septembre, mais des réserves en devises en repli

Illustration Maglor

Ecrit Par Maglor — La Banque centrale de Tunisie (BCT) a publié ses indicateurs monétaires et financiers à fin septembre 2026. Les devises rapportées par les Tunisiens résidant à l'étranger et par le tourisme continuent de soutenir les comptes extérieurs du pays, même si le niveau des réserves de change recule légèrement.

Les chiffres clés

Sur les neuf premiers mois de 2026, les revenus du travail (les transferts des Tunisiens de l'étranger) et les recettes touristiques cumulés dépassent 13,2 milliards de dinars, soit une progression de 4,7 % par rapport à la même période de 2025.

Les revenus du travail s'établissent à 6,9 milliards de dinars, contre 6,5 milliards un an plus tôt, soit une hausse de 5 %. Les recettes touristiques atteignent, elles, 6,3 milliards de dinars, contre 6,1 milliards à fin septembre 2025.

Une source de devises vitale pour le service de la dette

Ces deux postes couvrent à eux seuls 142 % du service de la dette extérieure, évalué à 9,3 milliards de dinars. Autrement dit, la diaspora et les visiteurs étrangers fournissent à la Tunisie une partie essentielle des devises dont elle a besoin pour honorer ses engagements internationaux, dans un contexte où l'accès aux marchés financiers internationaux reste limité.

Pour la communauté tunisienne de France, premier foyer d'émigration du pays, ces chiffres rappellent le poids économique considérable de la diaspora, souvent supérieur à celui de nombreux secteurs productifs.

Des réserves en devises en léger recul

Le tableau n'est toutefois pas uniforme. Au 2 octobre 2026, les avoirs nets en devises s'élevaient à 23,6 milliards de dinars, soit l'équivalent de 92 jours d'importation. Un an auparavant, ils atteignaient 24,2 milliards de dinars, soit 104 jours. La baisse est de 2,4 % en valeur, mais de douze jours en couverture des importations, ce qui illustre la pression que subissent les réserves.

Cette érosion s'explique notamment par le poids du service de la dette et par la facture énergétique et alimentaire, que les entrées de devises ne suffisent pas à compenser entièrement.

Une circulation fiduciaire en forte hausse

Autre indicateur à relever : la monnaie en circulation atteignait 29,6 milliards de dinars au 1er octobre 2026, en hausse de 16 % sur un an. Cette progression traduit à la fois les besoins de liquidité de l'économie et la préférence persistante des ménages pour le cash.

Quelles perspectives ?

Avec la fin de la saison estivale, les recettes touristiques devraient ralentir, mais les transferts de la diaspora restent traditionnellement soutenus à l'approche des fêtes de fin d'année. Le principal enjeu consistera à préserver un niveau de réserves suffisant, au moment où la loi de finances 2027 est en préparation et où l'huile d'olive, première exportation agricole du pays, s'annonce moins abondante.

La Tunisie peut compter sur la résilience de ses sources de devises, mais elles ne remplaceront pas des réformes de fond pour stimuler l'investissement et les exportations.

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