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Tribune : une femme à la tête du gouvernement marocain, symbole ou tournant ?

Ecrit Par Maglor — Le 29 septembre 2026, le roi Mohammed VI a nommé Fatima Ezzahra El Mansouri à la tête du gouvernement. Avocate de 50 ans, maire de Marrakech et ancienne ministre de l'Aménagement du territoire et de l'Urbanisme, elle devient la première femme à occuper cette fonction au Maroc. L'événement est historique. Reste à savoir s'il marque un simple symbole ou un véritable tournant.

Une première qui compte

Dans une région où les femmes demeurent sous-représentées au sommet de l'État, cette nomination envoie un message fort. Elle rappelle aux jeunes Marocaines, au Maroc comme dans la diaspora, que les plus hautes responsabilités ne sont plus fermées. Les femmes occupent environ 24 % des sièges de la Chambre des représentants : le chiffre montre le chemin parcouru, mais aussi celui qui reste à faire.

Un mandat sans majorité claire

Le contexte est exigeant. Aux élections du 23 septembre, le Parti authenticité et modernité est arrivé en tête avec 97 sièges sur 395, loin des 198 nécessaires pour gouverner seul. Le RNI en a obtenu 66, l'Istiqlal 65 et le PJD 54. Il faudra donc bâtir une coalition, ce qui suppose des compromis sur le programme et la répartition des portefeuilles. La première épreuve de Mme El Mansouri sera là : transformer une nomination historique en majorité de gouvernement stable.

La légitimité se gagne sur les résultats

Avec une participation de 38,02 %, la plus basse depuis près de vingt ans, la nouvelle cheffe du gouvernement ne peut pas se contenter du symbole. Les priorités des Marocains sont connues : emploi des jeunes, pouvoir d'achat, santé, éducation, accès à l'eau. Un gouvernement dirigé par une femme sera jugé, comme les autres, sur sa capacité à les traiter. Il serait injuste de lui demander moins, et tout aussi injuste de lui demander plus qu'à ses prédécesseurs.

Ce que la diaspora peut en attendre

Les Marocains du monde suivent ce moment avec attention. Ils attendent des avancées concrètes sur la représentation politique, les services consulaires, la simplification des démarches et les facilités d'investissement. Une expérience de gestion locale, comme celle de la mairie de Marrakech, peut être un atout pour mettre l'accent sur des services publics proches des citoyens.

Au-delà du symbole

La véritable mesure du tournant sera la place accordée aux femmes dans la composition du gouvernement, dans les politiques publiques et dans la vie économique. Un symbole n'est utile que s'il ouvre la porte à d'autres. Si cette nomination s'accompagne d'une politique résolument tournée vers l'égalité, la jeunesse et la confiance dans les institutions, elle aura valeur de tournant. Dans le cas contraire, elle restera une belle photographie. Les semaines qui viennent, avec les négociations de coalition et la préparation du budget 2027, donneront les premiers éléments de réponse.

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