Ecrit Par Maglor — Le marché du travail du Grand Est reste plus fragile que la moyenne nationale. Selon les chiffres clés publiés par la Direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités (Dreets) en juillet 2026, le taux de chômage de la région s'établit à 7,9 % au premier trimestre 2026, contre 7,6 % pour la France métropolitaine. Un écart modeste mais révélateur des difficultés de plusieurs territoires, de l'Alsace à la Lorraine en passant par les Ardennes.
Demandeurs d'emploi : une baisse annuelle
La région compte 245 410 demandeurs d'emploi de catégorie A, c'est-à-dire sans activité, soit une baisse de 3,0 % sur un an. En incluant les catégories B et C (activité réduite), le total atteint environ 418 260 personnes. Ces chiffres reflètent une situation contrastée : le nombre de personnes totalement sans emploi diminue, mais le taux de chômage au sens du Bureau international du travail reste supérieur à la moyenne du pays.
Un emploi salarié en léger repli
L'emploi salarié s'élève à 1 988 928 postes, en recul de 0,6 % sur un an. Le secteur des services domine toujours l'économie régionale, tandis que l'industrie, très présente dans le Grand Est avec l'automobile, la sidérurgie, la chimie ou l'agroalimentaire, subit la conjoncture européenne et la hausse des coûts de l'énergie. Les offres d'emploi durables collectées s'établissent à 57 882 au premier trimestre, en baisse de 1,0 % sur un an, dans la construction comme dans le tertiaire.
Des disparités entre départements
La Dreets souligne de fortes disparités entre les dix départements de la région. Les zones transfrontalières, notamment en Alsace et en Moselle, bénéficient de l'attraction du marché du travail luxembourgeois, allemand et suisse, qui absorbe chaque jour des dizaines de milliers de travailleurs frontaliers. D'autres territoires, plus industriels ou ruraux, connaissent un chômage plus élevé et des difficultés de recrutement dans certains métiers.
Pourquoi ces chiffres comptent pour les habitants d'origine maghrébine
Dans le Grand Est, de nombreux habitants issus de l'immigration maghrébine travaillent dans l'industrie, la logistique, la santé, le commerce et le bâtiment, des secteurs sensibles aux évolutions du marché. Les jeunes des quartiers prioritaires de Strasbourg, Mulhouse, Metz ou Nancy sont souvent plus exposés au chômage que la moyenne. Les dispositifs d'apprentissage, de formation et d'accompagnement vers l'emploi restent donc un levier majeur pour favoriser l'insertion professionnelle et lutter contre les discriminations à l'embauche.
Les perspectives
Les prochains indicateurs permettront de voir si le repli des offres d'emploi et de l'emploi salarié se confirme au deuxième trimestre. Les acteurs économiques régionaux misent sur la transition énergétique, l'hydrogène, la formation aux métiers en tension et la coopération transfrontalière pour soutenir l'activité. Dans une région où l'emploi dépend étroitement de l'industrie et de la proximité avec l'Allemagne, la reprise de la demande européenne sera déterminante pour inverser la tendance.