FR AR
Partager sur :

Le Maroc se dote de sa première femme Cheffe de gouvernement : un signal fort pour tout le Maghreb

Maglor - Sa Majesté le Roi Mohammed VI a désigné Mme Fatima Ezzahra El Mansouri, coordinatrice du Parti Authenticité et Modernité (PAM) — arrivé premier aux élections législatives du 23 septembre 2026 —, comme Cheffe du gouvernement du Royaume du Maroc. Une nomination historique qui résonne bien au-delà des frontières marocaines et interpelle l'ensemble de la région maghrébine.

Une première dans le monde arabe et au Maghreb

Jamais encore un pays du Maghreb n'avait confié la tête de son gouvernement à une femme. En franchissant ce cap, le Maroc envoie un signal fort à l'ensemble du monde arabo-musulman : la direction politique d'un État peut être assurée par une femme, sans que cela contredise les valeurs culturelles ou religieuses de la société.

Cette désignation intervient après des décennies d'efforts constants en faveur de la promotion de la femme. Elle est le résultat d'une politique volontariste menée par le Roi Mohammed VI depuis son accession au Trône, qui s'est notamment traduite par la réforme profonde de la Moudawana en 2004, l'une des législations familiales les plus progressistes du monde arabe.

Qui est Fatima Ezzahra El Mansouri ?

Fatima Ezzahra El Mansouri n'est pas une inconnue de la scène politique. Ancienne présidente de la commune d'Agadir, puis à la tête de la région Souss-Massa, elle a acquis une solide expérience de terrain dans la gestion des collectivités territoriales. Son ascension au sein du PAM, jusqu'à la coordination de sa direction collégiale, en a fait une figure nationale incontournable, reconnue pour son pragmatisme et son ancrage local.

Un écho particulier pour l'Algérie

La nomination de Mme El Mansouri ne peut qu'interpeller les observateurs algériens. Si l'Algérie compte des femmes à des postes ministériels et dans les corps diplomatiques, la direction d'un gouvernement reste encore un plafond de verre intact. L'évolution marocaine relancera sans doute le débat sur la place des femmes aux plus hautes fonctions exécutives en Algérie, alors même que la Constitution de 2020 promeut la parité et la participation politique féminine.

Des deux côtés de la frontière, les femmes sont diplômées, actives, présentes dans tous les secteurs de la société. La question n'est donc plus celle de la compétence, mais bien de la volonté politique de franchir ce pas symbolique et décisif.

Un Maghreb à la croisée des chemins

La Tunisie avait connu une femme Première ministre par intérim, Najla Bouden, nommée en 2021 — une expérience qui avait, elle aussi, marqué les esprits à l'échelle régionale. Le Maroc franchit aujourd'hui un palier supplémentaire avec une cheffe de gouvernement issue d'un scrutin démocratique et à la tête d'un parti victorieux.

Dans un contexte où la jeunesse maghrébine aspire à plus d'égalité, de représentation et d'ouverture, cette nomination marocaine s'inscrit comme un repère et, peut-être, comme un exemple à méditer pour l'ensemble de la région.

Maglor.fr suivra de près la formation du nouveau gouvernement marocain et les défis qui attendent Mme El Mansouri à la tête de l'exécutif chérifien.

Partager sur :