Ecrit Par Maglor — La loi de finances 2026 a introduit une mesure fiscale scrutée avec attention par les Marocains résidant à l'étranger qui envisagent une retraite au pays : l'exonération de l'impôt sur le revenu (IR) est désormais étendue aux pensions et rentes viagères servies au titre des contrats de retraite complémentaire collective gérés exclusivement par la Caisse interprofessionnelle marocaine de retraite (CIMR).
Une correction attendue depuis plusieurs années
Concrètement, l'amendement modifie l'article 57 du Code général des impôts marocain. Il vise à corriger ce que le législateur a lui-même qualifié de « frontière jugée trop restrictive entre retraite de base et retraite complémentaire ». Jusqu'à présent, de nombreux retraités du secteur privé percevaient une pension de base souvent jugée insuffisante pour vivre décemment, la retraite complémentaire CIMR jouant alors un rôle stabilisateur essentiel dans leur budget, sans pour autant bénéficier du même traitement fiscal avantageux que la pension de base.
Qui est concerné, et qui reste exclu
Cette exonération bénéficie exclusivement aux salariés du secteur privé retraités percevant leur complément de retraite via la CIMR. Un point mérite une attention particulière pour les MRE : la mesure exclut explicitement les autres régimes de retraite complémentaire, ce qui signifie que tous les épargnants n'y auront pas accès de la même manière selon la caisse à laquelle ils ont cotisé durant leur carrière, notamment ceux ayant cotisé à des régimes différents avant ou pendant leur expatriation.
Un signal positif, mais incomplet, pour la diaspora
Pour la diaspora marocaine qui prépare un retour au pays à la retraite, cette mesure s'inscrit dans une série d'annonces récentes visant à améliorer l'attractivité fiscale du Maroc pour les MRE, aux côtés d'autres dispositifs déjà en vigueur comme le financement immobilier à crédit pouvant désormais couvrir jusqu'à 80 % de l'achat. Reste que les associations de défense des droits des MRE continuent de plaider pour une harmonisation plus large de la fiscalité des pensions, quel que soit l'organisme gestionnaire, afin qu'aucun retraité ne se retrouve pénalisé du seul fait de son parcours professionnel ou de son pays de cotisation.
Anticiper avant de rentrer au pays
Les spécialistes de la fiscalité marocaine recommandent aux MRE en âge de préparer leur retraite de se renseigner précisément sur le régime de retraite complémentaire auquel ils sont affiliés avant d'arbitrer entre un maintien à l'étranger et un retour définitif au Maroc, ce nouveau cadre fiscal pouvant significativement changer l'équation budgétaire pour les seuls affiliés CIMR.
Au-delà du cas spécifique de la CIMR, cette réforme illustre une tendance plus large de la politique fiscale marocaine à destination de sa diaspora : des ajustements ciblés, sectoriels, qui améliorent la situation de certains profils sans encore constituer une refonte globale et équitable de la fiscalité des retraités de l'étranger.