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Immobilier au Maroc : les MRE peuvent désormais financer jusqu'à 80 % de leur achat à crédit

Ecrit Par Maglor — Acheter un appartement à Tanger, une maison à Agadir ou un terrain dans sa région d'origine : pour des centaines de milliers de Marocains résidant à l'étranger (MRE), l'immobilier reste le premier projet d'investissement au pays. La nouvelle Instruction générale des opérations de change (IGOC 2026), publiée par l'Office des changes, leur ouvre des conditions de financement plus souples.

Un plafond de crédit relevé de 70 % à 80 %

La mesure phare concerne les crédits immobiliers en dirhams accordés par les banques marocaines aux non-résidents. Ces prêts peuvent désormais financer jusqu'à 80 % de la valeur du bien, contre 70 % auparavant. Autre assouplissement notable : ils couvrent toute opération d'acquisition immobilière au Maroc, sans limitation du nombre de biens.

En pratique, pour un appartement de 1 million de dirhams, l'apport personnel exigé passe de 300 000 à 200 000 dirhams. Un écart de 100 000 dirhams, soit environ 9 000 euros, qui peut faire la différence pour de nombreux ménages de la diaspora, notamment les plus jeunes.

La règle de l'apport en devises maintenue

L'assouplissement a toutefois une contrepartie : le bénéficiaire non-résident doit financer sa part d'apport personnel avec des fonds en devises. Cet apport peut être réalisé par un transfert depuis l'étranger ou par un débit d'un compte en dirhams convertibles ouvert à son nom au Maroc. Cette exigence traduit la logique de la réglementation des changes : l'opération doit contribuer à l'entrée de devises dans le Royaume.

Les MRE ont donc intérêt à anticiper leur apport et à conserver les justificatifs de leurs transferts, qui conditionnent aussi, le moment venu, la possibilité de rapatrier le produit d'une éventuelle revente.

Un marché où les MRE pèsent lourd

Avec plus de cinq millions de ressortissants à l'étranger, la diaspora constitue un acteur majeur du marché immobilier marocain. La pierre reste son premier choix d'investissement, devant les dépôts bancaires. Selon les professionnels du secteur, les rendements locatifs nets varient entre 4 et 8 % selon les villes, un niveau attractif comparé à de nombreux marchés européens.

L'immobilier répond aussi à un projet de vie : chaque année, près de 20 000 retraités MRE s'installent définitivement au Maroc, principalement en provenance de France, selon des données de Bank Al-Maghrib relayées par la presse spécialisée. Acquérir un logement plusieurs années avant la retraite est une stratégie courante.

Comparer avant de s'engager

Cet assouplissement ne dispense pas d'une analyse rigoureuse. Les MRE ont le choix entre emprunter au Maroc ou dans leur pays de résidence, chaque option ayant ses avantages : taux, durée, garanties exigées, risque de change, fiscalité. Les banques marocaines appliquent généralement une règle d'endettement limitant les mensualités à environ un tiers des revenus.

Il est également recommandé de vérifier le statut juridique du bien (titre foncier), de passer par un notaire et de se renseigner sur la fiscalité applicable en cas de location ou de revente, en tenant compte des conventions fiscales entre le Maroc et le pays de résidence. Bien préparé, le projet immobilier au pays peut rester l'un des investissements les plus solides pour la diaspora.

Sources : Office des changes (IGOC 2026), SNRT News, Bladi.net, Challenge.ma.

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