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Transition énergétique : la Tunisie vise 35 % de renouvelables en 2030 et mobilise investisseurs et startups au SITE 2026

Illustration Maglor

Ecrit Par Maglor — La Tunisie veut accélérer sa transition énergétique, et elle compte sur les investisseurs pour y parvenir. Du 1er au 3 octobre 2026, le siège de l'Union tunisienne de l'industrie, du commerce et de l'artisanat (UTICA) à Tunis accueillera la 4e édition du Salon international de la transition énergétique (SITE 2026), placée sous le thème « Investissements et innovation pour accélérer la transition énergétique ».

Un rendez-vous à dimension méditerranéenne

Plus de 60 entreprises tunisiennes et étrangères, dix startups et des délégations venues notamment d'Italie, d'Allemagne et de Libye sont attendues. Les organisateurs tablent sur plus de 700 invités et professionnels et environ 2 500 visiteurs sur trois jours. Le salon est organisé par la Chambre nationale du photovoltaïque (CSPV), relevant de l'UTICA, sous l'égide du ministère de l'Industrie, des Mines et de l'Énergie, avec la participation de la STEG et de l'Agence nationale pour la maîtrise de l'énergie (ANME).

Le programme comprend six conférences consacrées à la stratégie nationale de transition, au développement des renouvelables, au stockage, au solaire pour les PME et les ménages, à la mobilité électrique, à la fiscalité carbone et aux réseaux intelligents. Un volet spécifique portera sur l'hydrogène vert, filière sur laquelle la Tunisie espère se positionner en fournisseur de l'Europe.

Des objectifs ambitieux face à une dépendance croissante

Le contexte explique l'urgence. Le Plan de développement 2026-2030, adopté par les deux chambres du Parlement en juillet dernier, fixe un cap clair : porter la part des énergies renouvelables à 35 % du mix énergétique d'ici 2030, contre à peine 6 à 7 % aujourd'hui, et réduire de 30 % la consommation nationale d'énergie primaire.

L'écart entre la situation actuelle et l'objectif est considérable. Il suppose non seulement l'installation massive de capacités solaires et éoliennes, mais aussi la modernisation du réseau électrique, le développement du stockage et, surtout, la capacité à attirer des capitaux privés. La Tunisie importe une part croissante de son énergie, notamment du gaz, ce qui pèse lourdement sur sa balance commerciale et sur les finances publiques via les subventions.

Le financement, nerf de la guerre

C'est précisément là que SITE 2026 veut jouer un rôle. Outre les conférences, des rencontres B2B entre entreprises, investisseurs, banques et organismes financiers sont prévues pour identifier des solutions de financement. La dernière journée sera consacrée à des présentations techniques sur les installations solaires, la sécurité des projets et les modalités de financement.

Des signaux encourageants existent : début septembre, les autorités ont approuvé 309 projets solaires représentant une puissance totale de 455 MW. Mais les acteurs du secteur pointent régulièrement la lenteur administrative, les difficultés d'accès au crédit et l'incertitude réglementaire comme freins majeurs.

Un enjeu économique et social

Pour la Tunisie, la transition énergétique n'est pas seulement une question climatique. Elle conditionne la maîtrise de la facture énergétique, la compétitivité industrielle et la création d'emplois qualifiés, notamment pour les jeunes diplômés. Les startups présentes au salon, spécialisées dans l'énergie verte et les technologies propres, illustrent le potentiel d'un écosystème local capable d'innover.

Reste à savoir si le salon parviendra à son objectif affiché : transformer les échanges entre institutions et acteurs privés en projets concrets, financés et réalisés. Les prochains mois diront si l'objectif de 35 % relève d'une trajectoire crédible ou d'une ambition encore lointaine.

Sources : Kapitalis, agence TAP, Tunisie Numérique, L'Économiste maghrébin.

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