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Mondial 2030 : où en sont vraiment les six stades marocains à quatre ans du coup d'envoi

Ecrit Par Maglor — À quatre ans de la Coupe du monde 2030, que le Maroc organisera conjointement avec l'Espagne et le Portugal, la question des délais devient centrale. Six stades marocains ont été retenus pour accueillir la compétition : Rabat, Casablanca, Tanger, Marrakech, Agadir et Fès. Tous font l'objet de programmes de modernisation ou de construction, et le calendrier commence à peser.

Casablanca, le chantier le plus scruté

Le Grand Stade Hassan II de Benslimane, dans la périphérie de Casablanca, est la pièce maîtresse du dispositif. Conçu pour accueillir plus de 100 000 spectateurs, il est présenté comme candidat à la finale du tournoi. Depuis le début de l'année 2026, les fondations profondes sont pratiquement achevées et les premières structures en béton armé s'élèvent. La livraison reste annoncée pour la fin 2027, certaines sources évoquant plutôt 2028. Un stade de cette dimension doit en effet être testé en conditions réelles bien avant la compétition : les organisateurs prévoient d'y faire jouer des matches officiels pour éprouver l'accès, la billetterie et la sécurité.

Une deuxième phase de transformation pour les stades existants

Les enceintes déjà en service suivent une logique différente. Rabat, Tanger, Marrakech, Agadir et Fès entrent dans une seconde phase de travaux qui porte sur l'augmentation des capacités, l'installation ou la rénovation des toitures, la refonte des tribunes, l'accessibilité pour les personnes à mobilité réduite et le renforcement des dispositifs de sécurité. Ces interventions sont moins spectaculaires que la construction de Benslimane, mais elles conditionnent l'homologation FIFA de chaque site.

L'Agence nationale des équipements publics, qui pilote une partie de ces opérations, indique que la phase préparatoire progresse conformément au calendrier, même si plusieurs marchés n'ont pas encore été notifiés. Un comité de la FIFA est attendu au Maroc pour évaluer l'avancement des préparatifs, une étape de contrôle habituelle dans le processus d'organisation.

Le retard se situe ailleurs

Le point de vigilance identifié par plusieurs observateurs ne concerne pas les grands chantiers emblématiques, qui bénéficient d'un suivi politique de haut niveau, mais les infrastructures urbaines plus diffuses : terrains d'entraînement, équipements sportifs de quartier, complexes destinés à accueillir les délégations. À Casablanca, plusieurs enceintes anciennes attendent toujours le lancement effectif de leur reconstruction. Ce sont ces équipements de second rang, moins visibles, qui déterminent pourtant la capacité d'un pays hôte à absorber les besoins d'entraînement de plusieurs dizaines de sélections.

S'y ajoutent les volets transport, hôtellerie et connexions aériennes, qui relèvent d'autres administrations et d'autres calendriers. L'extension des aéroports, le prolongement de la ligne à grande vitesse vers Marrakech et la montée en capacité hôtelière dans les villes hôtes forment un ensemble de chantiers parallèles dont la coordination constitue le véritable test.

Un investissement dont la rentabilité se jouera après 2030

Au-delà du tournoi, l'enjeu est celui de l'usage post-compétition. Le Maroc a déjà expérimenté cette question avec les stades rénovés pour les grandes compétitions continentales, dont certains sont sous-utilisés une fois les projecteurs éteints. Les autorités mettent en avant la création d'écosystèmes autour des enceintes — centres de formation, équipements commerciaux, zones résidentielles — pour éviter les effets d'aubaine sans lendemain observés dans d'autres pays organisateurs.

Pour la diaspora marocaine, qui devrait constituer une part importante du public attendu, ces chantiers dessinent aussi les contours d'un événement difficile d'accès si l'offre de transport et d'hébergement ne suit pas. La question du prix des billets, déjà sensible lors des matches de qualification, préfigure un débat qui ne manquera pas de s'intensifier à mesure que 2030 approche.

Sources : Medias24, Hespress, Le360, LeBrief.ma

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