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Transferts des MRE : 61,48 milliards de dirhams à fin juin, une hausse de 9,9 %

Ecrit Par Maglor — Les transferts de fonds des Marocains résidant à l’étranger ont atteint 61,48 milliards de dirhams à fin juin 2026, en progression de 9,9 % par rapport à la même période de l’année précédente. Une dynamique constante depuis le début de l’année, qui confirme le rôle d’amortisseur macroéconomique joué par la diaspora.

Une progression régulière mois après mois

Les données de l’Office des changes dessinent une courbe ascendante nette. À fin avril, les transferts s’établissaient à 39,98 milliards de dirhams, en hausse de 9,8 % sur un an. À fin mai, ils franchissaient la barre des 50 milliards, avec une progression de 8,8 % correspondant à plus de 4 milliards de dirhams supplémentaires. Le seuil des 61 milliards à la mi-année prolonge cette tendance.

Cette régularité est remarquable : elle s’observe malgré un contexte économique européen marqué par l’inflation et la modération salariale dans plusieurs pays d’accueil.

Le troisième pilier des devises marocaines

Aux côtés du tourisme, des exportations et des investissements directs étrangers, les transferts des MRE constituent l’une des principales sources de devises du Royaume. Leur particularité est leur stabilité : contrairement aux flux d’investissement, très sensibles à la conjoncture, ou au tourisme, vulnérable aux chocs exogènes, les envois de la diaspora se sont révélés contracycliques lors des crises récentes.

Ces devises contribuent directement au financement du déficit commercial et au maintien des réserves de change, dans un contexte où la facture énergétique du Maroc s’alourdit avec la remontée des cours du pétrole.

De l’envoi familial à l’investissement

La nature de ces flux évolue. Historiquement destinés au soutien des familles restées au pays — dépenses courantes, santé, éducation, construction d’un logement — les transferts comportent une part croissante d’épargne et d’investissement.

Les générations issues de l’immigration, souvent binationales et diplômées, abordent le Maroc davantage comme un marché que comme une terre d’origine à soutenir. L’immobilier reste le placement dominant, mais l’intérêt progresse pour les services, l’agro-industrie, le numérique et le tourisme.

Les freins à lever

Plusieurs obstacles limitent encore la transformation de cette épargne en investissement productif. Le coût des transferts, d’abord : malgré la concurrence des opérateurs numériques, les commissions restent élevées sur certains corridors, en particulier pour les petits montants.

La complexité administrative ensuite. Créer une entreprise à distance, sécuriser un titre foncier ou suivre un dossier depuis l’étranger reste une démarche exigeante. Enfin, l’information économique destinée spécifiquement aux MRE demeure dispersée entre banques, organismes publics et réseaux informels.

Une question de reconnaissance

Au-delà des chiffres, ces transferts posent une question politique récurrente : celle de la représentation des MRE dans les institutions marocaines. Le débat sur la participation électorale depuis l’étranger et sur la place de la diaspora dans les instances consultatives revient régulièrement, porté par l’argument du poids économique.

Avec plus de 60 milliards de dirhams en six mois, cet argument gagne en épaisseur. Les cinq millions de Marocains établis à l’étranger ne sont pas seulement une communauté affective : ils constituent une composante structurelle de l’économie nationale.

Sources : Office des changes, Médias24, LesEco.ma, Maroc.ma.

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