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Croissance de 4,6 % au premier trimestre : l’économie marocaine tient son cap malgré les incertitudes

Ecrit Par Maglor — L’économie marocaine a enregistré une croissance de 4,6 % au premier trimestre 2026, selon les données publiées par le Haut-Commissariat au Plan (HCP). Un rythme légèrement inférieur aux 5 % observés sur la même période de 2025, mais qui confirme la résilience d’une économie confrontée à un environnement international instable.

L’agriculture, moteur retrouvé

Le principal enseignement de ces chiffres tient à la vigueur du secteur agricole. La valeur ajoutée des activités agricoles a bondi de 18,4 %, contre 8,1 % un an plus tôt. Cette performance s’explique par une campagne céréalière nettement meilleure qu’attendé, estimée à environ 70 millions de quintaux, après plusieurs années marquées par la sécheresse.

Ce rebond rappelle une caractéristique structurelle de l’économie marocaine : sa dépendance persistante aux aléas pluviométriques. Malgré deux décennies de diversification industrielle, la pluie reste un déterminant majeur du taux de croissance annuel, avec les effets d’entraînement que cela suppose sur la consommation des ménages ruraux et sur l’emploi.

Un ralentissement du non-agricole à surveiller

Le revers de la médaille se trouve du côté des activités non agricoles, dont le rythme de progression est passé de 4 % à 2,6 %. Ce tassement concerne plusieurs branches industrielles et de services, et il intervient au moment où le Royaume engage des dépenses considérables dans ses grands chantiers d’infrastructures.

Les analystes soulignent que ce décalage entre un secteur primaire dynamique et un secteur secondaire en perte de vitesse constitue le principal point de vigilance pour la seconde moitié de l’année. La croissance non agricole est en effet celle qui crée le plus d’emplois qualifiés et pérennes.

La facture énergétique, variable d’ajustement

La remontée des cours du pétrole pèse directement sur les équilibres extérieurs. Importateur net de produits pétroliers, le Maroc voit sa facture énergétique s’alourdir, ce qui creuse le déficit commercial et exerce une pression sur les réserves de change. Les transferts des Marocains résidant à l’étranger et les recettes touristiques jouent ici un rôle d’amortisseur décisif.

La dette sous surveillance

Selon les données du ministère des Finances, la dette extérieure globale du Maroc atteint environ 68 milliards de dollars. Le gouvernement s’est fixé pour objectif de ramener le ratio d’endettement public à 64 % du PIB à l’horizon 2028, une trajectoire qui suppose à la fois une maîtrise des dépenses et le maintien d’une croissance supérieure à 4 %.

Cet arbitrage est délicat. Les grands projets structurants — ports, lignes ferroviaires à grande vitesse, infrastructures liées aux échéances sportives internationales — mobilisent des financements importants, dont une partie est levée sur les marchés extérieurs.

Des perspectives globalement favorables

Pour l’ensemble de l’année 2026, les prévisions convergent vers une croissance autour de 4,6 %, portée par une hausse de près de 8 % de la valeur ajoutée agricole. Certaines institutions internationales retiennent une hypothèse plus optimiste, proche de 5 %.

Ces perspectives restent néanmoins suspendues à trois variables : l’évolution des prix de l’énergie, la demande adressée au Maroc par ses partenaires européens, et la capacité du tissu industriel national à retrouver un rythme de croissance comparable à celui des années précédentes. Pour une économie qui ambitionne de devenir une plateforme industrielle régionale, l’enjeu dépasse la seule statistique trimestrielle.

Sources : Haut-Commissariat au Plan, ministère de l’Économie et des Finances, Maroc.ma.

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