Maglor - Juin 2026 marque une étape décisive dans la politique migratoire de l'Union européenne. Le nouveau Pacte sur la migration et l'asile, adopté par le Parlement européen, entre progressivement en application. Parmi les mesures phares : la création de "hubs de retour" — des centres situés hors de l'UE destinés à accueillir les migrants déboutés avant leur renvoi dans leur pays d'origine — ainsi qu'un mécanisme de solidarité renforcé entre États membres pour la répartition des arrivants.
Ces nouvelles règles placent le Maghreb au cœur des discussions géopolitiques entre l'Europe et l'Afrique du Nord. En décembre dernier, une réunion entre représentants de l'Italie, de l'Algérie, de la Tunisie et de la Libye à Alger avait posé les bases d'une coordination opérationnelle. Pour Rome, principale porte d'entrée de la route méditerranéenne centrale, la coopération avec les pays du Maghreb est un levier incontournable pour maîtriser les flux irréguliers.
Pour les Maghrébins établis en Europe, ces évolutions ne sont pas sans conséquences. La durcissement des procédures d'asile, les délais de traitement des titres de séjour, et les nouvelles règles de "retour" affectent directement les communautés et leurs proches restés au pays, qui empruntent parfois des voies risquées pour rejoindre le continent.
Face à ces enjeux, des associations de la diaspora maghrébine réclament une approche plus humaine et des voies légales de migration élargies, rappelant la contribution économique et culturelle de ces communautés à leurs pays d'accueil comme d'origine.