Maglor.fr - Après la visite de l'envoyé onusien Staffan de Mistura dans les camps de Tindouf et à Alger, le Front Polisario a réuni ses secrétaires régionaux les 17 et 18 juin pour examiner les derniers développements diplomatiques. Le signal envoyé par Brahim Ghali lors de ce rassemblement est sans précédent : les Sahraouis doivent se préparer à négocier sur la base du plan marocain d'autonomie.
Un discours codé mais révélateur
Dans un long discours adressé aux secrétaires régionaux du Polisario, Brahim Ghali a estimé que «le peuple sahraoui fait face à une attaque féroce» et appelé à la «vigilance» et à «se préparer à toutes les éventualités». Derrière la rhétorique guerrière, le message de fond est clair pour les observateurs : le Front entame une opération de communication pour préparer psychologiquement ses bases à l'idée d'entrer dans des négociations fondées sur le plan d'autonomie proposé par Rabat.
Les révélations de novembre confirmées
Ce discours public donne du crédit aux révélations faites en novembre 2025 par des membres du Polisario installés à l'étranger. Said Zarwal, un Sahraoui établi en Suède, avait divulgué les débats internes du Front : «Certains cadres étaient favorables à une participation aux négociations, estimant que le refus risquait d'entraîner des sanctions américaines», avait-il rapporté. Ce qui semblait être une fuite isolée apparaît aujourd'hui comme le signe avant-coureur d'un vrai tournant stratégique.
Washington et l'ONU resserrent l'étau
La pression internationale s'est intensifiée sur plusieurs fronts. Lors de la session du Conseil de sécurité du 23 avril, De Mistura avait exhorté le Polisario à consentir à des «concessions douloureuses». Le même message a été répété lors de ses entretiens avec Ghali le 8 juin à Tindouf, puis avec le chef de la diplomatie algérienne Ahmed Attaf le 15 juin à Alger. Massad Boulos, conseiller de Trump, a confirmé à Oslo que le président américain exige un règlement rapide du dossier sahraoui.
Alger et le Polisario jouent la montre
Face à cette pression convergente, Alger et le Front Polisario adoptent une stratégie d'attente. Les deux alliés misent sur une éventuelle défaite républicaine aux élections de mi-mandat américaines de novembre 2026, espérant réduire la pression sur le dossier. Une stratégie risquée, dans un contexte où le soutien international au plan marocain d'autonomie n'a jamais été aussi solide.