Maglor - Alors que le Ramadan bat son plein, de nombreux citoyens algériens expriment une vive inquiétude devant la flambée des prix des denrées alimentaires, qui rend les repas traditionnels de rupture du jeûne de plus en plus difficiles à organiser. Dans les marchés d’Alger, de nombreuses personnes se plaignent de l’augmentation rapide des prix : certains légumes ont vu leur prix plus que doubler en quelques jours, créant frustration et incompréhension chez les consommateurs.
Une vendeuse ou une cliente rencontrée dans un marché algérois a ainsi exprimé son désarroi en voyant le prix des oignons et des légumes s’envoler, au point que son panier de courses restait presque vide malgré les étals bien garnis.
Frustration et perte de pouvoir d’achat
Cette situation alimente un sentiment de perte du pouvoir d’achat, même parmi la classe moyenne : retraités, employés et travailleurs indépendants partagent le même constat d’une inflation qui pèse lourdement sur leur quotidien. Comme le relève un travailleur retraité, « autrefois, on pouvait préparer un repas complet de Ramadan sans s’inquiéter, mais aujourd’hui, c’est devenu un luxe ».
Pour beaucoup, la hausse des prix est visible partout, du marché traditionnel aux supérettes de quartiers, et elle touche aussi bien les produits de base que la viande ou les fruits et légumes, poussant certains à modifier leurs habitudes alimentaires ou à faire appel à des aides.
Solidarité ou tension ?
Face à ces difficultés, plusieurs initiatives de solidarité se multiplient dans les quartiers populaires. Dans certains arrondissements, des associations ou groupes de bénévoles transforment temporairement des espaces en « restaurants de la miséricorde », où des repas sont servis gratuitement pour aider les familles les plus touchées.
Cependant, cette solidarité populaire coexiste avec des tensions sociales croissantes, parfois perceptibles dans les échanges entre clients et vendeurs sur les marchés, où certains consommateurs manifestent visiblement leur colère face à des prix qu’ils jugent injustes.
Une société partagée
Les réseaux sociaux reflètent cette dualité : si certains internautes appellent à la patience et à la solidarité, d’autres critiquent plus largement la gestion économique du pays et dénoncent l’impact de l’inflation sur leur vie quotidienne. Ces réactions, parfois vives, montrent combien le débat sur le coût de la vie est devenu central pour l’opinion publique algérienne en ce mois sacré.
Contexte plus large
Cette montée du mécontentement intervient alors que le gouvernement tente de contenir l’inflation et de rassurer la population en multipliant des mesures d’aide, notamment par l’importation de bétail pour faire baisser le prix de la viande ou par des hausses de salaires et de prestations sociales.
Cependant, beaucoup d’Algériens estiment que ces mesures restent insuffisantes au regard de l’augmentation des coûts et des difficultés économiques ressenties sur le terrain.