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France-Algérie : le retour de l'ambassadeur Romatet, signe d'un dégel diplomatique fragile

 

Maglor.fr - Après plus d'une année de crise ouverte, Paris et Alger tentent de recoller les morceaux. Le retour de l'ambassadeur français Stéphane Romatet à Alger, annoncé en mai 2026, constitue le signal le plus tangible d'un réchauffement diplomatique que beaucoup espéraient sans oser y croire. Mais derrière les gestes symboliques, les contentieux de fond demeurent entiers.

Une crise née du Sahara occidental

Pour comprendre ce dégel, il faut remonter à l'été 2024. C'est à cette époque que la relation franco-algérienne a basculé dans une zone de turbulences sévère. Le déclencheur : le soutien affiché de Paris au plan d'autonomie marocain pour le Sahara occidental, une ligne rouge pour Alger qui considère cette question comme un dossier de décolonisation non résolu. La riposte algérienne avait été graduée mais ferme, culminant en avril 2025 avec le rappel à Paris de l'ambassadeur Romatet — une mesure diplomatique d'une rare gravité entre deux pays qui se définissent pourtant comme partenaires stratégiques.

Le tournant de février 2026

C'est la visite du ministre français de l'Intérieur Laurent Nuñez à Alger, les 16 et 17 février 2026, qui a constitué le véritable point d'inflexion. Selon plusieurs sources diplomatiques concordantes, c'est lors de ces entretiens que la question du retour de l'ambassadeur a été formellement abordée et qu'un accord de principe a été trouvé. Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a ensuite signifié publiquement qu'il ne s'opposait plus au retour de Stéphane Romatet à son poste, levant ainsi le dernier obstacle formel à une normalisation institutionnelle des relations bilatérales.

Romatet de retour : "Dialoguer est une nécessité"

Le 8 mai 2026, l'Élysée annonçait officiellement la reprise de fonctions de Stéphane Romatet à Alger. Dans ses premières déclarations depuis son retour, l'ambassadeur a posé le cadre de cette nouvelle séquence avec une formule qui résume l'état d'esprit des deux capitales : "Dialoguer est une nécessité." Une évidence qui, dans le contexte des deux dernières années, prenait la valeur d'une déclaration politique. En mai, un geste symbolique fort avait également marqué les esprits : la ministre française de la Défense Alice Rufo avait déposé une gerbe aux côtés de son homologue algérien à Sétif, lieu de mémoire sensible entre les deux pays.

Des contentieux qui restent ouverts

Les observateurs des relations franco-algériennes gardent cependant la tête froide. Si les signaux envoyés des deux côtés témoignent d'une volonté réelle de tourner la page, les dossiers de fond restent complexes. La question du Sahara occidental continue de diviser profondément Paris et Alger. L'affaire Christophe Gleizes — journaliste français condamné à sept ans de prison en Algérie pour "apologie du terrorisme" — reste également un point de friction important. Enfin, les questions mémorielles liées à la colonisation et à la guerre d'indépendance continuent de peser sur une relation que les deux peuples voudraient plus apaisée.


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