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Loi anti-démarchage en France : 40 000 emplois marocains dans la tourmente

Centre d'appels au Maroc - emplois menacés par la loi anti-démarchage française

Depuis le 11 août 2026, une loi française est entrée en vigueur, transformant radicalement les règles du démarchage téléphonique. Désormais, toute prospection commerciale par téléphone est interdite sans le consentement explicite et préalable du client. Un principe simple, mais dont les conséquences s'avèrent lourdes de l'autre côté de la Méditerranée : au Maroc, entre 40 000 et 50 000 emplois dans les centres d'appels pourraient disparaître.

Cette loi, adoptée le 30 juin 2025 en France, répond à l'exaspération croissante des consommateurs français face aux incessants appels de prospection. Mais elle soulève une crise sociale inédite au Maroc, où le secteur des centres d'appels « offshore » dépend massivement du marché français. Selon Younes Sekkouri, ministre marocain de l'inclusion économique et de l'emploi, le marché français représente plus de 80 % du chiffre d'affaires de ces opérateurs qui travaillent pour des entreprises étrangères.

Ce chiffre illustre à lui seul l'ampleur de la dépendance marocaine. Plus de 600 centres d'appels sont officiellement autorisés à opérer au Maroc dans ce secteur, mais de nombreux autres fonctionneraient sans autorisation, selon les représentants du secteur. Ayoub Saoud, secrétaire général de la Fédération nationale des centres d'appels et des métiers de l'offshoring, estime que le nombre d'emplois menacés avancé par le gouvernement pourrait même être sous-évalué, en raison de l'absence de statistiques fiables sur ce secteur aux contours flous.

La relation franco-marocaine dans ce domaine s'est construite sur des décennies : des milliers de Marocains, souvent diplômés et maîtrisant parfaitement la langue française, travaillent dans ces centres pour le compte d'entreprises françaises de télécommunications, d'assurances, d'énergie ou de services financiers. Pour beaucoup, c'est une voie d'accès au marché du travail formel et à une classe moyenne naissante.

Face à cette menace, le gouvernement marocain et les acteurs du secteur cherchent des solutions d'urgence : diversification vers d'autres marchés (Belgique, Suisse, Canada francophone), montée en compétence vers des services à plus forte valeur ajoutée, ou reconversion vers des missions d'assistance client au lieu de la prospection. Mais ces adaptations prendront du temps, et les travailleurs marocains des centres d'appels, eux, sont face à une incertitude immédiate qui interroge la relation économique entre les deux pays.

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