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Palestine/Sahara marocain: Halte aux parasites !

Il est facile de propager des rumeurs qui visent à provoquer les sentiments des musulmans dans toutes les régions du monde en instrumentalisant la cause palestinienne. Il est aussi facile de faire des promesses et de mobiliser l’opinion publique arabe et islamique quand il s’agit de la question palestinienne et il est facile d’exploiter la cause palestinienne de la part de certains régimes pour masquer leurs crises politiques internes et leur incapacité à réaliser le développement et la croissance dans leurs pays, malgré leurs ressources financières suffisantes pour cela. C’est bien le reflet de l’image disgracieuse de ces régimes qui font du “populisme” un moyen simpliste de gérer leurs problèmes internes.

Il est en revanche plus difficile de respecter ses engagements, de tenir ses promesses et de se tenir aux mêmes efforts des décennies durant en faveur de la question palestinienne et ce malgré la pression politique et les contraintes économiques et sociales. Il est aussi difficile de rester fidèle à son engagement politique et de continuer à apporter son soutien financier quelle que soit la situation économique interne.

L’histoire témoigne que le Maroc, un pays qui n’a jamais été auteur de trahison pour des intérêts politiques ou financiers, s’est engagé dans des guerres pour défendre les pays voisins, comme pour la bataille d’Isly, qui avaient engendré des pertes humaines en dehors de ses frontières au nom de la liberté, de la dignité et du commun religieux et humain… le commun pour lequel les martyrs marocains ont donné la vie, fidèles à l’engagement pour la question palestinienne à ses différentes étapes depuis la Nakba en 1967 et la guerre du Kippour en 1973… les Marocains avaient avant cela constitué près du quart de l’armée du conquérant, Salah al-Din al-Ayyubi, qui les décrivait par « les puissants au sol, les redoutables en mer, les plus à même à qui l’on peut confier la Mosquée al-Aqsa et cette ville ».

Nous ne sommes pas en train de justifier une position souveraine du Maroc ou d’expliquer une action politique, mais nous considérons que l’hystérie qui s’est emparée des réseaux sociaux, instrumentalisés depuis la reconnaissance par les États-Unis de la marocanité du Sahara et de la souveraineté du Maroc sur son territoire du sud bordé par les frontières mauritaniennes, n’est qu’un cri de douleur et de déception de voir triompher la diplomatie marocaine dans le dossier du Sahara. Une déception qui sera encore plus grande après la consignation de la décision américaine dans les annales des Nations Unies en tant que document officiel et l’ouverture d’un consulat américain dans la ville marocaine de Dakhla.

Nous ne sommes pas en train de nous justifier quant à la position du Maroc vis-à-vis de la question palestinienne, considérée par Sa Majesté le Roi comme aussi importante que le dossier de la souveraineté nationale, au sens où elle a toujours été primordiale pour le Royaume car la justice et les droits du peuple palestinien n’ont jamais été des slogans dénués de leur essence pour provoquer l’opinion publique marocaine ou arabe ou combler le vide émotionnel par un populisme politicien flagrant. C’est une croyance ancrée et une doctrine enracinée qui ne peut être secouée par une déclaration politique insignifiante ou une misérable enquête médiatique.

En 1995, le professeur de mathématiques aux universités américaines John Allen Paulos avait publié le livre « un mathématicien lit les journaux » où il fait un voyage virtuel dans les pages des journaux politiques, économiques, sportifs et bien d’autres contenus médiatiques pour lever le voile sur les erreurs et la fausseté qu’ils contiennent en utilisant statistiques et mathématiques… la littérature politique aura aussi retenu la célèbre citation de Bernardino Grimaldi, ministre des finances italien du gouvernement « Cairoli » en 1879, « je respecte toutes les opinions mais les mathématiques n’en sont pas une », disait-il.

En effet, les chiffres et statistiques ne sont pas une opinion personnelle qui peut être influencée par des facteurs externes remettant en question toute objectivité et réalisme car le langage mathématique s’adresse à la logique universelle qui en fait une science exacte… Certes, les mathématiques ne sont pas une opinion mais elles peuvent nous aider à constituer une opinion objective et à construire une image exacte de la réalité et non une opinion personnelle qui peut être instrumentalisée à des fins politiques ou économiques ou être assujettie au chantage ou aux tentations.

 

Sans le langage des chiffres et des statistiques, tous les discours et toutes les visions demeurent incomplètes et non convaincantes quelle que soit la pertinence de leur rhétorique, car la force argumentative des chiffres et statistiques l’emporte de loin sur la charge émotionnelle que les discours populistes peuvent comporter.

Nous avons choisi de transcender ce débat creux qui remet en question l’histoire du Maroc avec la question palestinienne car nous pensons simplement que répondre aux accusations revient à réaliser l’objectif des ennemies de la souveraineté territoriale nationale et à mettre en lumière toutes ses thèses instrumentalisées… Ceci ne veut pas dire que nous n’avons pas les réponses à toutes ces allégations mais nous avons choisi d’y répondre par le langage des chiffres qui ne laisse plus place aux discours émotionnels et aux provocations sentimentales car nous avons été à l’origine de la création de l’Agence Bayt Mal Al Qods et du Comité Al Qods et de l’expression « nous allons prier à Al Qods ».

Et puisque nous croyons que les mathématiques ne sont pas une opinion mais peuvent contribuer à en construire, nous invitons les inventeurs de ces allégations à observer les chiffres de ces vingt dernières années (1999-2020). Deux décennies d’action diplomatique, de soutien effectif à la question palestinienne, d’engagement au plus haut sommet de l’état et de tout un peuple, vingt années de travail acharné qui ne peut faire l’objet de surenchère politique fomentée par des mercenaires devenus, au fil du temps, une menace pour la paix de la communauté internationale.

Entre 1999 et 2020, la question palestinienne, la défense des droits du peuple palestinien et l’appel aux négociations et dialogue entre Israël et la Palestine ont constitué les axes fondamentaux des messages et discours royaux et un espace important des canaux juridiques, constitutionnels et diplomatiques.

Le langage des chiffres et des statistiques a objectivement enregistré que Sa Majesté le Roi Mohammed VI a adressé des messages, appels et engagements concernant la question palestinienne à 114 occasions, il s’est exprimé sur la Palestine depuis 31 pays, depuis 33 villes non marocaines et depuis 8 villes marocaines. Les discours et messages royaux entre 1999 et 2020 ont comporté 473 idées qui se rapportent à la Palestine, Sa Majesté a en cette période adressé 13 appels, utilisant 477 fois le mot « Palestine », 387 fois le mot « Al Qods » et 17 fois l’expression « solution à deux états ». Il a attiré l’attention sur les violations israéliennes à l’encontre des droits du peuple palestinien 214 fois, s’est exprimé sur la question palestinienne 19 fois dans les réceptions des dirigeants de pays et 17 fois dans les discours du trône.

Pour tout cela, quand Sa Majesté adresse un message au Président palestinien Mahmoud Abbas le 20 décembre 2020 pour l’informer du soutien indéfectible du Royaume à la cause palestinienne et de l’engagement pour les droits du peuple palestinien, rappelant à cet effet l’appel téléphonique du 10 décembre 2020 après la reconnaissance par les USA de la marocanité du Sahara, cela émane d’une conviction profonde et de la croyance en la justice d’une cause légitime et les droits d’un peuple.. Une croyance à laquelle les Rois du Maroc ont, au fil des décennies, alloué une attention spéciale et unique qui barre la route aux mensonges, rumeurs et thèses politiciennes. Halte alors aux parasites, le Sahara est marocain et Jérusalem-Est est la capitale de la Palestine, aujourd’hui et pour toujours.

*Abdellah Boussouf; Historien; Secrétaire général du Conseil de la communauté marocaine à l’étranger (CCME) 

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