Maglor - Après plus d’un an de fortes tensions diplomatiques, les relations entre la France et l’Algérie montrent des signes prudents de réchauffement. Dans plusieurs interventions médiatiques récentes, Stéphane Romatet, ambassadeur de France en Algérie, a confirmé la reprise de canaux de communication entre Paris et Alger, tout en soulignant que la normalisation reste fragile et incomplète.
Une crise diplomatique profonde depuis 2024
Les relations franco-algériennes se sont fortement dégradées à partir de l’été 2024, à la suite d’une série d’incidents diplomatiques : expulsions réciproques de diplomates, différends sur les visas, désaccords sécuritaires et crispations politiques liées à des dossiers judiciaires et mémoriels. Paris avait alors rappelé son ambassadeur, un geste rare qui symbolisait l’ampleur de la crise.
Pendant près de 18 mois, les échanges bilatéraux ont été réduits au strict minimum, affectant non seulement la diplomatie, mais aussi la coopération sécuritaire, consulaire et migratoire.
Des canaux de communication « remis en place »
Selon Stéphane Romatet, des discussions techniques et diplomatiques ont repris ces derniers mois. Elles concernent notamment les ministères concernés, les services consulaires et les questions de sécurité régionale.
L’ambassadeur insiste toutefois sur un point essentiel : il ne s’agit pas encore d’un retour à la normale, mais d’un redémarrage progressif du dialogue.
« Les canaux de communication ont été remis en place, mais la crise n’est pas derrière nous », a-t-il résumé.
Sécurité et migration au cœur des priorités
Parmi les dossiers jugés prioritaires par Paris figurent :
- La coopération sécuritaire, notamment face aux enjeux régionaux au Sahel et en Méditerranée.
- La coordination migratoire, en particulier sur la question des laissez-passer consulaires et du retour de ressortissants algériens en situation irrégulière en France.
Ces sujets restent sensibles et constituent depuis plusieurs années des points de friction récurrents entre les deux pays.
Des obstacles politiques toujours présents
Malgré cette reprise du dialogue, plusieurs facteurs continuent de compliquer la relation bilatérale :
- Des divergences sur certaines affaires judiciaires impliquant des ressortissants franco-algériens.
- Des tensions mémorielles persistantes autour de la colonisation.
- Une méfiance politique mutuelle, nourrie par des décisions perçues comme unilatérales de part et d’autre.
Le retour complet de l’ambassadeur français à Alger, dans un cadre pleinement normalisé, dépendra de décisions politiques au plus haut niveau, tant à Paris qu’à Alger.
Une relation stratégique mais toujours fragile
La France et l’Algérie restent liées par une relation historique, humaine et économique majeure, marquée par une importante diaspora et des intérêts stratégiques communs.
Les déclarations de Stéphane Romatet confirment une volonté d’éviter la rupture durable, mais aussi la prudence extrême des deux capitales.
Pour l’heure, la relation franco-algérienne semble engagée dans une phase de transition, entre tentative d’apaisement et désaccords persistants. Une normalisation complète prendra du temps et dépendra d’actes concrets, au-delà des signaux diplomatiques.