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Tunisie : Kais Saied resserre l'étau sur la société civile

Par Maglor.fr - En Tunisie, les organisations de la société civile font face à une pression croissante. Des dizaines d'ONG risquent la dissolution tandis que les autorités intensifient leur répression contre les structures indépendantes qui reçoivent des financements étrangers.

Ce qui avait commencé par des intimidations, des restrictions arbitraires et des poursuites judiciaires à motivation politique s'est désormais transformé en une stratégie systématique d'élimination des ONG par voie judiciaire. Amnesty International a tiré la sonnette d'alarme en mai 2026, alertant sur la menace qui pèse sur des organisations travaillant dans les domaines des droits humains, de la migration, de l'antiracisme, de l'observation électorale, de la lutte contre la corruption et de la liberté de la presse.

Des militants sous pression financière et judiciaire

Le trésorier du Forum tunisien pour les droits économiques, sociaux et culturels (FTDES) a ainsi été arbitrairement empêché de quitter le territoire en avril 2026, après avoir été convoqué à deux reprises par l'Unité nationale d'enquête sur la criminalité financière complexe. Une technique qui vise à paralyser les structures les plus actives sans les dissoudre formellement — du moins dans un premier temps.

L'activiste antiraciste Saadia Mosbah, arrêtée pour des accusations de malversations financières largement contestées par la société civile, a été condamnée à huit années de prison, une peine jugée disproportionnée par ses soutiens et les organisations de défense des droits.

Le décret 54, arme de musellement

Le président Kais Saied continue de s'appuyer sur le décret-loi 54 pour criminaliser toute parole critique. Ce texte, adopté en 2022, a été utilisé pour poursuivre des journalistes, des blogueurs et des responsables d'organisations de la société civile accusés de "diffuser de fausses informations". Les médias indépendants font eux aussi l'objet de pressions financières croissantes.

Cette trajectoire autoritaire interroge sur l'avenir de l'espace civique en Tunisie, pays qui fut longtemps présenté comme la seule réussite démocratique des printemps arabes. La communauté internationale observe, mais les actes concrets de pression restent limités.


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