Ecrit Par Maglor — Présenté le 12 mai 2026, le projet de réforme des retraites au Maroc intéresse directement les Marocains résidant à l'étranger qui ont cotisé, cotisent encore ou envisagent de rentrer. Le texte n'est ni adopté ni promulgué : un vote a été annoncé pour octobre 2026, avec une entrée en vigueur visée au 1er janvier 2027. Ces dates restent provisoires.
Les grandes lignes du projet
Le projet prévoit de porter l'âge légal de départ de 60 à 63 ans, par paliers et avec des dispositions transitoires pour les droits déjà acquis. Les pensions seraient revalorisées de 8 %, étalés sur trois ans à partir de 2027. Le système serait organisé autour de deux pôles : un pôle public (CMR et RCAR) et un pôle privé (CNSS et CIMR), conformément à l'accord de dialogue social d'avril 2025. La CNSS compte plus de 4,3 millions de cotisants et environ 970 000 retraités.
Ce qui circule sans être arrêté
Un âge de 65 ans a été examiné en commission technique mais n'a été ni présenté ni adopté. Une hausse des taux de cotisation est à l'étude, sans niveau fixé, et un complément obligatoire pour les hauts revenus a été évoqué sans seuil ni modalités. Les chiffres qui circulent ne proviennent d'aucun texte officiel.
Ceux qui ont cotisé au Maroc avant de partir
Le seuil d'ouverture des droits à la CNSS est passé de 3 240 à 1 320 jours de cotisation depuis le décret de mai 2025, et le projet ne le remet pas en cause. En revanche, le report de l'âge de liquidation décalerait la date à laquelle la pension peut être demandée.
Les cotisants volontaires depuis l'étranger
Aujourd'hui, l'adhésion volontaire exige 1 080 jours de cotisation préalables et une inscription dans les 60 mois suivant la fin de l'activité salariée au Maroc. Le taux est de 12,89 % d'un salaire déclaré entre le SMIG 2026 (3 422 dirhams par mois) et 6 000 dirhams, soit environ 441 à 773 dirhams mensuels. Une hausse est à l'étude, sans montant arrêté.
Les carrières mixtes
Les périodes travaillées au Maroc et à l'étranger peuvent être totalisées dans les pays liés au Maroc par une convention bilatérale de sécurité sociale, notamment la France, la Belgique, l'Espagne, l'Italie, les Pays-Bas et l'Allemagne. La Suisse, les États-Unis, la Norvège et le Danemark n'en ont pas. Un écart entre l'âge marocain et celui du pays de résidence pourrait créer un décalage entre les deux liquidations.
Que faire en attendant
Il est prudent d'attendre le texte définitif publié au Bulletin officiel, qui seul fera foi, et de faire le point sur ses droits auprès de la CNSS, de la CIMR ou d'un professionnel. Pour une situation individuelle, ce récapitulatif ne remplace pas un conseil personnalisé.
Source : Lesmre.com, analyse de la réforme 2026.