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Législatives marocaines : 122 milliards de dirhams envoyés par les MRE, mais aucun siège réservé

Ecrit Par Maglor — Les législatives marocaines du 23 septembre 2026 ont renouvelé les 395 sièges de la Chambre des représentants, sans qu'aucun ne soit réservé aux Marocains résidant à l'étranger. Une absence que souligne Afrik.com, alors que la diaspora joue un rôle économique considérable pour le royaume.

Un poids économique, pas de représentation dédiée

Les Marocains du monde ont envoyé 122,02 milliards de dirhams en 2025, contre 118,98 milliards en 2024, soit une hausse de 2,6 %. Fin juillet 2026, les transferts atteignaient 74,788 milliards de dirhams, en progression de 8,1 % sur un an. Pourtant, aucune circonscription à l'étranger n'existe, aucun bureau de vote législatif n'est ouvert hors du Maroc et aucun député n'est élu spécifiquement pour représenter la diaspora.

Voter depuis l'étranger : la procuration

Les électeurs inscrits peuvent voter dans leur circonscription d'origine, soit en se rendant au Maroc, soit en donnant procuration à un électeur inscrit sur place. Une plateforme en ligne, E-Procuration, lancée en septembre, permet d'établir les procurations numériquement. Un électeur ne peut recevoir qu'une seule procuration d'un Marocain de l'étranger. La campagne d'inscription s'est tenue du 15 mai au 13 juin 2026. L'association Cap Sud MRE a fait état de barrières linguistiques, d'un manque d'accompagnement et de problèmes techniques. Le chercheur Abdelkrim Belguendouz juge l'usage de la procuration « extrêmement minime ».

Les partis divisés

Le PPS souhaite des circonscriptions à l'étranger et l'utilisation des consulats comme lieux d'inscription et de vote. Le PJD défend une liste dédiée aux Marocains de l'étranger. L'Istiqlal avait proposé en 2021 une participation directe depuis l'étranger, rejetée par le Parlement. Le gouvernement a choisi une autre voie : porter de cinq à six fois le montant ordinaire la contribution publique versée aux partis pour chaque siège gagné par un candidat issu de la diaspora dans une circonscription locale.

Une promesse ancienne

Mohammed VI avait promis des circonscriptions à l'étranger en 2005. Entre 1984 et 1992, cinq députés avaient été élus par des circonscriptions extérieures, avant l'abandon du système. Le Conseil de la communauté marocaine à l'étranger (CCME) reste composé de membres nommés, non élus, et la réforme annoncée en novembre 2024, avec une Fondation Mohammedia, n'a pas encore vu le jour selon la même source.

Le débat sur le vote direct depuis les pays de résidence est donc relancé. Pour les Marocains de France et d'Europe, l'enjeu dépasse la technique : il s'agit de savoir comment une diaspora qui contribue autant à l'économie nationale peut peser sur les choix politiques du pays.

Source : Afrik.com.

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