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Saisonniers marocains dans le Gard : le procès de Nîmes pour traite des êtres humains

Illustration Maglor

Ecrit Par Maglor — Le tribunal de Nîmes a examiné le mardi 6 octobre 2026 une affaire d'exploitation de travailleurs agricoles marocains dans des vergers et vignobles du Gard. Quinze saisonniers se sont constitués parties civiles. Le jugement a été mis en délibéré, sans date annoncée à ce stade, selon Sud Radio.

Un « ticket d'entrée » de 12 000 euros

Chaque travailleur affirme avoir versé en espèces 12 000 euros à un recruteur pour obtenir un contrat saisonnier. Le salaire promis, 2 500 euros par mois, n'aurait pas été versé. Un inspecteur du travail cité à l'audience estime que ces contrats se vendent entre 8 000 et 15 000 euros pour les Marocains. Certains travailleurs disent aussi devoir payer à nouveau pour revenir l'année suivante.

Des conditions de travail dénoncées

Les ouvriers décrivent environ 60 heures de travail par semaine, avec des journées de 13 heures dans les champs. Ils évoquent des logements sans meubles ni eau chaude, parfois sans eau courante, sans toilettes ni vestiaires, facturés 150 euros par mois, des insultes et des humiliations, ainsi que la confiscation de leurs papiers d'identité. Les heures supplémentaires n'auraient pas été payées comme telles.

Les réquisitions

La procureure Nathalie Welte a requis des condamnations pour traite des êtres humains contre trois des quatre prévenus : de un à dix-huit mois de prison avec sursis, assortis d'amendes de 50 000 à 150 000 euros. Pour un second exploitant du Gard, jugé uniquement pour les conditions d'hébergement, une amende de 1 000 euros a été requise. Elle a rappelé qu'il existe très peu de condamnations en France pour cette infraction, comparant l'emprise des employeurs à un contrôle coercitif.

La défense

Le recruteur marocain, Hamid B., ancien saisonnier, nie les faits et se présente comme un simple ouvrier ne sachant ni lire ni écrire. L'arboriculteur Geoffrey M. affirme ne pas avoir eu connaissance des paiements ni de l'état des logements, et justifie le recours à ce recrutement par la difficulté de trouver de la main-d'œuvre. Les prévenus sont présumés innocents jusqu'à la décision du tribunal.

Un phénomène plus large

La Confédération paysanne s'est portée partie civile et dénonce une violence systémique à l'égard des travailleurs étrangers. Des situations comparables ont été signalées dans le Vaucluse et, récemment, dans des vignobles bordelais. L'affaire a été déclenchée par l'alerte d'un inspecteur du travail.

Ce que cela rappelle

Les contrats saisonniers, présentés comme une voie de migration légale, peuvent devenir un terrain d'abus lorsque des intermédiaires monnaient l'accès au travail. Les travailleurs concernés peuvent s'adresser à l'inspection du travail, aux syndicats ou au Défenseur des droits.

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